WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / CAC 40 / EY / Capitalisation boursière / endettement / résultat net / Marge opérationnelle

Entreprises / Actions
CAC 40 / EY / Capitalisation boursière / endettement / résultat net / Marge opérationnelle

Le CAC 40 bien armé pour faire face à la conjoncture

La valorisation du CAC 40 a atteint l’an dernier un record, tout comme les chiffres d’affaires et les résultats des entreprises composant l’indice phare de la Bourse de Paris. Le fort recul de leur endettement les a aussi rendues mieux armées face à un environnement macroéconomique redevenu difficile.  
EY a publié les résultats de son 16ème Profil financier du CAC 40 - Photo by SOEREN STACHE / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP
EY a publié les résultats de son 16ème Profil financier du CAC 40 - Photo by SOEREN STACHE / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP

Un rebond salutaire. Les entreprises composant le CAC 40 ont connu l’an dernier une année faste sur le plan de leurs performances financières. Après une année 2020 fortement affectée par la crise sanitaire qui avait pesé sur les comptes, l’année 2021 a marqué des records sur plusieurs indicateurs clés, avec une activité en forte croissance, une marge opérationnelle courante au plus haut, et un niveau d’endettement au plus bas, indique la 16e édition du profil financier du CAC 40 établie par EY, publiée la semaine dernière.

Alors que le chiffre d’affaires des sociétés du CAC 40 avait subi une baisse historique de 15% en 2020, le rebond a été vigoureux. En cumulé, les ventes ont progressé de 20,6% l’an dernier, atteignant un niveau record de 1 431 milliards d’euros. Une progression suffisamment forte pour replacer l’activité dans une trajectoire de croissance par rapport à 2019, avec une croissance annuelle moyenne de 1,4%. "La reprise s’est concrétisée en 2021 : les baisses de chiffre d’affaires enregistrées pendant la crise sanitaire ont été gommées", souligne à WanSquare Nicolas Klapisz, associé EY, auteur de l’étude.

Cette évolution n’est pas le seul fait de quelques sociétés. "La tendance est clairement générale. Sur les quarante sociétés qui composent le CAC, 35 d'entre-elles ont vu leur chiffre d’affaires progresser, certains secteurs connaissant une croissance plus marquée, comme le luxe, l’industrie du BTP, et l’énergie", qui ont connu des croissances de leurs revenus de l’ordre de 30%, parfois plus, ajoute-t-il.

 

Marge record dans le luxe

 

Le redressement de l’activité ne s’est pas fait au détriment de la rentabilité. Au contraire, un certain nombre de records ont été atteints en termes de résultat opérationnel ou de résultat net. La marge opérationnelle des entreprises du CAC 40 a atteint l’an dernier des niveaux historiquement élevés. "La profitabilité d’exploitation dépasse les 150 milliards d’euros en cumulé, un niveau inédit depuis la création de notre étude", qui en est à sa 16e édition, souligne Nicolas Klapisz. A 156 milliards d’euros l’an dernier, le résultat opérationnel courant des entreprises du CAC 40 a représenté une marge record de 12,6% du chiffre d’affaires, avec, encore une fois des disparités en fonction des secteurs. Le plus profitable demeure celui du luxe et des cosmétiques, avec une marge opérationnelle de 25,9%. Dans le même temps, la marge opérationnelle courante totale des sociétés du secteur de l’énergie a connu la plus forte amélioration, passant à 11% en 2021, contre 4,7% en 2020 et 8,1% en 2019.

Alors que la marge avait décroché beaucoup plus fortement que l’activité en 2020, elle a aussi connu un rebond plus marqué en 2021, ce qui s’explique par la présence de coûts fixes. Une reprise amplifiée par les efforts renforcés des entreprises sur la maîtrise de leurs coûts opérationnels pendant la période de Covid-19.

Parallèlement, la capitalisation cumulée des entreprises du CAC 40 a progressé fortement. Elle a atteint fin 2021 son plus haut niveau depuis 2006, à 2 379 milliards d’euros, en hausse de 35,5% par rapport à 2020. Cette même capitalisation est cependant depuis retombée sous les 2 000 milliards d’euros.

 

A la croisée des chemins

 

La forte progression des indicateurs de rentabilité s’est traduite par une amélioration des structures financières. Le niveau d’endettement total des sociétés du CAC 40 s’est établi l’an dernier à son niveau le plus bas depuis la création de l’étude, à 152 milliards d’euros. "Les entreprises ont su profiter de cette période pour assainir leurs finances et renforcer leur profil financier, leur permettant d’être bien armées dans un contexte macroéconomique redevenu plus incertain" en raison des répercussions de la guerre en Ukraine et l’envolée de l’inflation, note Nicolas Klapisz. "La situation est à la croisée des chemins, entre d’un côté des chiffres qui sont au plus haut, et de l’autre une certaine incertitude qui doit appeler à la vigilance", résume-t-il. Mais l’année 2021 aura quoi qu’il arrive permis aux entreprises de renforcer leur bilan, et donc d’être plus solides face aux incertitudes qui se profilent. 

A ce propos, l’évolution des dépréciations d’actifs et notamment du goodwill, qui mesure l’écart entre le prix d'acquisition et la juste valeur d’une société acquise, devrait être observée de près. Alors que les opérations de croissance externe ont été réalisées l’an dernier à des multiples de valorisation élevés reflétant la confiance dans les perspectives des sociétés, la valeur dans les comptes des sociétés acquises constituera à n’en pas douter "un point de vigilance dans les mois et les années à venir", prévient Nicolas Klapisz.

 

57 milliards d’euros distribués

 

Assez logiquement compte tenu de moyens financiers renforcés et de l’amélioration des perspectives économiques, les investissements ont globalement retrouvé l’an dernier leur niveau pré-Covid, indique l’étude d’EY. Seulement huit sociétés ont réduit leurs investissements en 2021, contre 25 en 2020.

En matière de rémunération des actionnaires, après une forte chute en 2019, le taux de distribution (pay-out ratio) a globalement retrouvé son niveau historique. Les entreprises du CAC 40 ont distribué en moyenne 44% de leur bénéfice net aux actionnaires l’an dernier. Les dividendes ont ainsi retrouvé un niveau proche de 2018. Le montant proposé à la distribution est passé de 44 milliards d’euros distribués en 2020 à 57 milliards d’euros en 2021, en hausse de 29,5%. En revanche, la conjonction de la stabilité relative des dividendes proposés et de la progression des cours de bourse fin 2021 a fait diminuer le rendement médian du dividende des sociétés du CAC 40, qui est repassé sous la barre des 2%, à 1,9%.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article