Fusions, Acquisitions / Altice / M&A / endettement
Fusions, Acquisitions
Altice / M&A / endettement
Altice dégage du cash
Petit à petit, Altice réduit sa montagne de dette. Et aujourd’hui, il vient de réaliser un beau coup en annonçant la vente de 49,9 % de son réseau de fibre au Portugal – Altice Portugal FTTH, récupéré lors de l’acquisition de Portugal Telecom en 2014 - au fonds Morgan Stanley Infrastructure Partners. Cet actif est valorisé à 4,63 milliards d’euros, ce qui signifie que le groupe de Patrick Drahi va engranger 2,3 milliards d’euros de cette cession. Dans le détail, il percevra 1,565 milliard d’euros en numéraire en 2020, ainsi que deux paiements complémentaires conditionnés aux performances de l’entreprise, en 2022 et 2026. Patrick Drahi n’a pas boudé sa satisfaction lorsqu’il a déclaré que son groupe avait réalisé pour 5,7 milliards d’euros de cessions après la cession d’une partie de sa fibre en France l’an passé (pour 1,8 milliard d’euros), ainsi que les cessions de tours et autres partenariats annoncés depuis 2018.
En vérité, le milliardaire israélien n’avait pas d’autre choix que de restructurer un bilan assommé par une dette colossale de sa maison-mère, et qui reste encore supérieure à 30 milliards d’euros, soit un multiple exorbitant de 5,5 fois son Ebitda. Le groupe s’est engagé à le ramener à 4,25 fois l’Ebitda à moyen terme, et va devoir pour cela améliorer le numérateur – réduire le niveau d’endettement – mais aussi le dénominateur, à savoir les performances de son principal actif, l’opérateur SFR.
Et de ce point de vue, les récentes nouvelles vont dans le bon sens : SFR a vu ses abonnés mobiles progresser de 5 % et son taux de désabonnement a baissé de 15 % sur le fixe et le mobile. La guerre des prix s’est semble-t-il calmée, une bonne nouvelle pour tous les acteurs du marché en l’absence d’une consolidation à imminente. Par ailleurs, Altice tire parti d’un environnement de taux historiquement bas, qui lui permet d’emprunter de moins en moins cher et de s’épargner d’incontournables coûts de financement.
Les investisseurs ne s’y sont pas trompés, puisque le cours d’Altice Europe a grimpé de plus de 3% ce vendredi après cette année, et a été multiplié par plus de trois au total cette année, signe d’un regain de confiance des investisseurs. Patrick Drahi a démontré qu’il pouvait valoriser au maximum ses actifs dans la fibre en Europe, surtout avec l’appétit des fonds pour ce type d’actifs résilients. Du cash qui lui servira pour investir dans son propre réseau et candidater aux fréquences 5G. Mais aussi réaliser des deals ciblés, comme l’acquisition de Covage dans la fibre en France. Ce renouveau dénote d’autant plus avec les déboires d’Altice aux Etats-Unis, dont le titre a décroché en novembre, après un profit warning sur 2020 en raison de ses coûts d’intégration et de la concurrence féroce des alternatives au câble comme Netflix, Amazon Prime Video ou HBO Now.
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