WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
défaillances d'entreprises

Indicateurs macros / Etats-Unis / solvabilité II / endettement / redressement judiciaire

Indicateurs macros
Etats-Unis / solvabilité II / endettement / redressement judiciaire

Les États-Unis ne seront pas épargnés par les défaillances

La Coface prévoit une hausse des faillites d’entreprises de 43% entre fin 2019 et fin 2021 aux États-Unis. Le risque des entreprises "zombies" est grandissant.
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration

La France n’est pas la seule à être menacée par les faillites d’entreprises. En traversant l’Atlantique, on remarque que les États-Unis aussi se trouvent dans une situation difficile. Particulièrement frappé par la pandémie, on comptait encore 60.000 nouvelles contaminations hier et un record de 66.000 le jour précédent, le pays ne voit pas le bout du tunnel. Et l’économie en pâtit. Avec 17,3 millions de chômeurs et un taux de chômage de 11,1%, la situation s’améliore certes par rapport au pic de mai et ses 13,3% de chômeurs. Pour autant, la chute n’est pas terminée. La Coface s’attend ainsi à ce que le PIB se contracte de 5,6% en 2020 avant de se redresser d’un petit 3,3% en 2021. 

La crise sanitaire s’est donc bien muée en crise économique dont les victimes sont cette fois-ci aussi bien les ménages que les entreprises. La société d’assurance-crédit prévoit par exemple une hausse des faillites d’entreprises de 43% entre fin 2019 et fin 2021 aux États-Unis. Pourtant, après une hausse de 2,5% en 2019 par rapport à 2018, première augmentation en 10 ans, les faillites d’entreprises sont en diminution depuis le début du confinement, selon l’Administrative Office of the US Courts. Cette situation s’explique par la fermeture des tribunaux de faillite au mois de mars avec le confinement et l’attentisme des entreprises débitrices. Mais aussi probablement par les mesures de soutien aux entreprises, comme le report des paiements de l’impôt sur le revenu des sociétés du 15 avril au 15 juillet. 

"Néanmoins, malgré cette diminution (…) les tribunaux ont enregistré une nette hausse des procédures au titre du chapitre 11 au cours des mois de mars avril et mai". Car la loi américaine distingue deux chapitres majeurs concernant l’obtention d’un redressement en vertu du code des faillites. Le chapitre 7, qui compte pour près de 64% des procédures de faillites en 2019, est supervisé par le tribunal. Il comporte la vente des actifs et la répartition du produit de la vente aux créanciers par un mandataire judiciaire. Le chapitre 11, qui compte pour plus de 25% des procédures en 2019, permet la poursuite de l’activité tout en restructurant les dettes. Or, l’ABI relate que ces derniers types de faillite ont bondi de 18% en mars, 26% en avril et 48% en mai. La publication de la Coface de préciser que "la poursuite de la hausse des faillites "chapitre 11" devraient s’accompagner dans les prochains mois d’une hausse des procédures "chapitre 7" puisqu’une partie des procédures de restructuration sera convertie en liquidation. Plus globalement, avec le retour de l’activité, la pression accrue sur les échéances de paiement des entreprises et l’expiration des mesures de soutien devraient contribuer à un rebond des faillites dès le second semestre 2020 ".

En tablant sur une hausse de 43% des faillites sur une année, la Coface présente une projection optimiste par rapport à la crise de 2008 durant laquelle les faillites d’entreprises avaient augmenté de 54% en 2008 et 40% en 2009. Néanmoins, on note la ressemblance en termes de dette : la dette des sociétés non financières représentait autour de 45% du PIB en 2007, elle culmine à un record de 47% fin 2019. Ce pourcentage, expliqué par les faibles taux d’intérêt et la volonté de disposer de cash de précaution, est en hausse. Il atteint 48,7% à l’issue du premier trimestre 2020. Pire, le ratio de dette, qui compare les dettes aux actifs d’une entreprise, est supérieur à 0,5 pour la plupart des industries, indiquant que les actifs sont essentiellement financés par la dette. Il atteint même 0,83 dans l’aérospatiale, 0,70 dans l’habillement et 0,65 dans les magasins d’alimentation.

Or, ces montants révèlent la vulnérabilité des entreprises puisqu’elles doivent rembourser des sommes significatives alors même que les chiffres d’affaires sont proches du néant. "Cette hausse de l’endettement alimente aussi les craintes d’une montée en puissance des entreprises "zombies"" souligne la publication. Endettées, ces entreprises profitent des taux bas pour se maintenir en vie sans avoir des niveaux de rentabilité viable. Selon les estimations de l’assureur crédit sur un échantillon de sociétés cotées aux États-Unis, la part des entreprises "zombies" a ainsi progressé au cours des dernières années pour représenter 6% des sociétés. Comme le conclut la Coface "la zombification" présentera donc un risque à surveiller dans les prochains mois". La route s’annonce semée d’embûches pour la reprise économique alors même que le sort des élections présidentielles de novembre pourrait bien en dépendre…

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article