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Aigle Azur, une proie de choix
C'est la seconde fois dans son histoire que la compagnie aérienne Aigle Azur se trouve être en déconfiture. Créée en 1946 par Sylvain Foirat, la société parvient rapidement à conclure des contrats de transports particuliers et opère dans les années 1970 des vols d'affaires pour des vedettes sportives, avant d'être reprise par le groupe GoFast - devenu Weaving Group - alors qu'elle n'opère plus que sur deux B737. C'est le début d'une grande période d'essor, qui a pris fin il y a quelques mois.
La deuxième compagnie aérienne française, derrière Air France - KLM, s'est déclarée en cessation de paiements et a demandé son placement en redressement judiciaire au début du mois de septembre à la suite de plusieurs années d'errance, qui seraient en partie liées à de nombreuses décisions stratégiques inadaptées. Derrière cette décision, se cache le projet d'un seul homme, Gérard Houa.
En août, l'un des actionnaires minoritaires est en effet parvenu à prendre la place du président Frantz Yvelin. De son côté, l'ancien dirigeant a pris l'initiative de recourir à la nomination d'une administratrice provisoire. La société se trouve désormais dans une impasse financière, et elle est même incapable d'assurer le rapatriement des voyageurs dont le vol a été annulé. L'augmentation du prix du carburant, la concurrence de plus en plus vive et la surexpansion d'Aigle Azur sur ces destinations long-courriers ont renforcé les pertes de la compagnie.
Ce qui est surprenant au premier abord c'est que les repreneurs, qui ont jusqu'à aujourd'hui pour déposer une offre pour le rachat total ou partiel d'Aigle Azur, sont nombreux. Mais ce n'est ni sa flotte, ni son chiffre d'affaires plutôt médiocre, qui attire les vautours, qui convoitent loin de là un actif particulièrement apprécié des compagnies aériennes, les slots, ces droits d'usage autorisant une compagnie à décoller ou à atterrir sur un aéroport et à un certain horaire. Pour des raisons de nuisances sonores, ils sont plafonnés. Or, Aigle Azur possède 9.800 créneaux, sur les 250.000 plages disponibles à l'aéroport d'Orly. C'est pourquoi Air France s'intéresserait au dossier, de même qu'Easyjet, le Groupe Dubreuil d'Air Caraïbes et Gérard Houa en personne.
Du côté du groupe aérien franco-canadien, les marchés ne semblent pas soutenir l'initiative. Les investisseurs craignent l'influence et l'implication du gouvernement français au sein d'Air France - KLM dont il détient encore une participation de 14,3 %. D'ailleurs c'est directement le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui a déclaré qu'une offre principale pour Aigle Azur était à l'étude, faisant chuter l'action de près de 9 % vers 15 heures. Il faut dire aussi que l'opérateur vient de publier un nouveau ralentissement de la progression du trafic long-courrier, un mois après avoir fait savoir que les coefficients de réservations seraient bons.
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