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Rémunérations : le nouveau patron d’Air France-KLM a-t-il trouvé la parade ?

Le montant des émoluments de Benjamin Smith, au regard de ce que gagnait son prédécesseur et des remous dans le groupe, est un sujet explosif. Le dirigeant va investir la moitié de son fixe dans le capital d’Air France. Un geste plein d’adresse.
Air France
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C’est très adroit de sa part. Pour son premier jour chez Air France-KLM, Benjamin Smith a annoncé une décision habile concernant sa rémunération. Le dirigeant venu du Canada va investir la moitié de son fixe dans le capital du groupe. Un choix qui envoie plusieurs signaux. Le premier : la confiance affichée dans sa nouvelle maison. Il a d’ailleurs lui-même employé le terme, l’accolant au "futur succès" de la compagnie aérienne. Cette annonce est d’autant mieux trouvée que le montant de ses émoluments a déjà fait parler de lui, alors même que les collaborateurs bataillent sur le sujet de leurs propres rémunérations. "J'ai déjà fait un investissement personnel en m'installant avec ma famille en France. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en faire un autre en investissant la moitié de ma rémunération fixe dans le capital d'Air France-KLM", a précisé le dirigeant.

La forme du message de Benjamin Smith a également été bien choisie. Celui qui a pris aujourd’hui les commandes d’Air France-KLM s’est exprimé via une vidéo interne. Et non par voie de presse, permettant ainsi de montrer aux collaborateurs que ce message leur est directement adressé. Or, pour mémoire, la question des salaires est en ce moment épineuse chez Air France-KLM. Si la compagnie aérienne a dû augmenter l’enveloppe destinée à son patron, c’est notamment parce qu’elle a souhaité attirer un talent venu de l’étranger. Jean-Marc Janaillac, ancien homme fort du groupe, a empoché 1,1 million d’euros dont 600.000 euros de fixe au titre de 2017. Pour sa part, Benjamin Smith pourrait gagner jusqu’à 4,25 millions d’euros par an, dont 900.000 euros de fixe, jusqu'à 1,35 million d'euros de variable, le reste étant lié à des plans de performance long terme.

Le choix d’investir la moitié de son fixe n’est pas neutre. Si Air France-KLM n’enregistre pas de performances satisfaisantes, le variable de Benjamin Smith n’atteindra pas des sommets. Si cette partie de l’enveloppe avait été préférée au fixe pour être investie, elle aurait été liée à la bonne santé de l’entreprise. En prenant de son fixe, Benjamin Smith mise une somme importante et non fluctuante, mais dont les fruits ou les pertes seront, eux, liés aux résultats de l'entreprise. Ce qui envoie un message un cran plus fort que l’investissement du bonus. A noter qu'il n'a pas été précisé si cette décision était uniquement valable pour l'année 2018 ou reconductible.

Fallait-il au moins ça pour tenter de déminer le sujet qui a créé la polémique au moment de sa nomination ? Bien que les syndicats aient décidé de ne pas déposer de préavis de grève pour l'arrivée de Benjamin Smith, ils espèrent bien que les négociations vont pouvoir avancer. Rappelons que c’est ce volet qui a entraîné la démission de Jean-Marc Janaillac, après un référendum perdu sur un plan d’augmentation salariale. Reste à savoir si le premier geste de Benjamin Smith va permettre d’éviter que sa propre fiche de paie ne serve d’argument aux collaborateurs d’Air France-KLM dans les discussions à venir.

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