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Nomination à la tête d'Air France-KLM : que dire ?

Après des semaines de rebondissements, c’est finalement le Canadien Benjamin Smith qui a été choisi pour diriger la compagnie aérienne. Sans remettre en cause les qualités du futur patron, la manière dont le dossier a été géré côté français a permis à Delta Airlines d’avancer ses pions. Et d’assurer ses intérêts ?
Air France
Air France

Après moult rebondissements, Air France-KLM se dote finalement d’un nouveau patron. La gestion du dossier - notamment du côté de l’Etat français - ne restera pas dans les annales ou en tout cas pas pour les bonnes raisons. Les prérequis, à savoir diriger une compagnie avec des contraintes syndicales parfois étouffantes, un contexte (notamment à cause de la concurrence) rude ou encore avec un salaire qui ne décroche pas la mâchoire au regard de ce que pratique les autres compagnies, n’étaient déjà pas simples. Mais les tergiversations au sommet de l’Hexagone n’auront rien arrangé à l’affaire. Si bien qu’in fine, c’est un Canadien, Benjamin Smith, qui a finalement été choisi ce jeudi. Pour le bien de la France ?

Pour mémoire, le premier nom pressenti à être sorti dans la presse a été celui de Philippe Capron, directeur financier de Veolia. Ce dernier - dont le départ a depuis été annoncé par le spécialiste de l’eau et des déchets - n’a notamment pas trouvé grâce aux yeux des actionnaires Delta Airlines et KLM. Le manque de connaissances du secteur et d’expérience à la tête d’une entreprise ont été mis en avant sur la place publique. La patronne de la RATP, Catherine Guillouard a également été évoquée. Mais celle-ci n’était arrivée à son poste que l’année précédente et la ministre des Transports (sa prédécesseur à la RATP) aurait préféré qu’elle reste en place.

Evidemment d’autres candidats potentiels ont également été cités comme le Français Thierry Antinori, actuellement chez Emirates, ou le Néerlandais, Pieter Elbers patron de KLM. Il y a aussi eu l’épisode Sébastien Bazin qui, souhaitant un rapprochement entre AccorHotels et Air France, se serait bien vu patron d’un futur ensemble. Mais, outre les questions techniques, un tel scénario ne pouvait permettre de nommer le directeur général d’Air France dans les temps, à savoir d’ici septembre. La compagnie aérienne ayant perdu son patron en mai dernier, lorsque Jean-Marc Janaillac a jeté l’éponge à la suite du refus essuyé par son projet d’accord salarial. Il a depuis été remplacé provisoirement par Anne-Marie Couderc.

Il faut dire qu’Air France-KLM n’est pas une entreprise facile à diriger, au bas mot. Pour attirer des talents, le groupe se serait décidé à augmenter sérieusement le successeur. La gestion de l’Etat français du dossier a permis aux autres protagonistes d’avancer leurs pions. C’est le cas de Delta Airlines, entré au capital d’Air France en 2017, qui aurait poussé la candidature de Benjamin Smith, numéro 2 d’Air Canada. Or cette poussée de l’autre côté de l’Atlantique pourrait tout à fait servir les intérêts de la compagnie américaine.

Bien sûr, le patron canadien peut s’avérer être un très bon dirigeant et permettre de remédier un peu à "l'entre-soi". D’ailleurs, avant la réunion du board d’Air France, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a déclaré que Benjamin Smith avait : "un excellent profil". Ce dernier ayant une bonne connaissance du secteur aérien et de la compétition internationale. Mais Paris aura déployé des moyens de manière parfois totalement absurde dans ce dossier, pour au final aboutir à une solution qui n’est pas des plus souverainistes.

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