Evenements / thomas cook / xl airways / aigle azur
Evenements
thomas cook / xl airways / aigle azur
Et maintenant, Thomas Cook !
Tout commence en 1841 lorsque Thomas Cook invente ce que l’on appelle aujourd’hui le voyage organisé. Alors qu’il a 32 ans, ce menuisier britannique organise un voyage aller-retour en train pour un groupe de 500 personnes qu’il accompagne. Il décide de négocier des billets à prix réduits contre une promesse de taux d’occupation du train.
Il faut imaginer qu'à l'occasion de la première Exposition universelle à Paris, ce qui est devenu une entreprise organise un périple pour 150.000 voyageurs, bien décidés à découvrir les Champs-Élysées. Dès lors, l'entreprise ne cesse de croître avant que l'opérateur indépendant le plus vieux du monde annoncer sa faillite aujourd'hui, échouant à trouver des fonds nécessaires à sa survie, et surtout signant un nouveau record, celui de lancer l'opération de rapatriement la plus importante pour des civils en temps de paix.
Le voyagiste très lourdement endetté a vu son horizon s'assombrir ces dernières années à cause de la concurrence acharnée des sites internet de voyage à bas prix. Par ailleurs, les touristes sont devenus plus frileux dans un contexte de fortes incertitudes liées au Brexit, le coup de grâce porté à la compagnie. Sur les six premiers mois de l'année, Thomas Cook avait annoncé une perte d'1,5 milliard de livres, pour un chiffre d'affaires de quelque 10 milliards d'euros.
Pour le groupe, qui promet sur son site internet de "prendre ses responsabilités et délivrer ce qui a été promis", il va falloir désormais confié au gouvernement et à l'Autorité de l'aviation le retour de 150.000 clients en vacances dans le monde. Le ministre local des Transports, Grant Shapps, a déclaré qu'on avait demandé au gouvernement entre 150 et 250 millions de livres sterling, mais a ajouté que l'argent du plan de sauvetage n'aurait maintenu Thomas Cook à flot que pour une courte période si cela avait été convenu. Fosun, le conglomérat chinois et principal actionnaire avait bien proposé 450 millions de livres pour un plan de sauvetage, mais cela n'aurait pas non plus été suffisant selon le voyagiste.
Ce matin, c'est bien le fondateur du tourisme de masse moderne qui s'effondre, 154 ans après que la première agence n'a été ouverte au coin de Fleet Street à Londres. C'est aussi la preuve de l'hécatombe des compagnies aériennes fragiles dans un contexte hautement concurrentiel, puisque cette actualité intervient peu après que XL Airways et Aigle Azur sont toutes deux entrées en pleine déconfiture.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

