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Hopium / hydrogène / redressement judiciaire / Bourse / Atlas / tribunal de commerce
Les difficultés financières d’Hopium soldées par un redressement judiciaire / Le soutien d'Atlas laisse le développement de sa pile à hydrogène sur les rails
Hopium s’est affiché dans le rouge, ce vendredi, pour sa reprise de cotation, après en avoir demandé la suspension jeudi. L’action de la start-up spécialisée dans l’automobile de luxe à hydrogène a touché un plus bas à 40 centimes d’euro. Avant l’interruption de cotation, l’action valait 90 centimes et s’inscrivait déjà en recul de près de 90 % depuis le 1er janvier.
La chute du titre de la société surnommée la "Tesla à la française" est à mettre en lien avec l’annonce de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, ce matin, par Hopium. Dans le détail, celle-ci a été ouverte au bénéfice de la société pour une période initiale de six mois, qui court jusqu’au 19 janvier 2024 et qui pourrait être renouvelée pour une période de six mois également.
Le but : placer la société sous la protection du Tribunal de commerce de Paris, qui gèle ainsi toutes ses dettes antérieures au 19 juillet. "Celles-ci seront remboursées dans le cadre du plan de continuation que la société entend soumettre au Tribunal durant la période d’observation", a souligné Hopium par voie de communiqué ce vendredi matin. La société a aussi précisé que dans l’intervalle, elle continuera à bénéficier du soutien de son partenaire financier Atlas Special Opportunities, avec lequel elle possède déjà un accord sur la mise en place d’un emprunt obligataire d’un montant maximum de 21,5 millions d’euros. La ligne de financement sera augmentée de 3,5 millions d’euros, portant son montant nominal brut maximum mobilisable à 13,5 millions d’euros.
Jusqu’au TRL 6
Ce qui devrait ainsi permettre à la start-up fondée par l’ancien vainqueur des 24 heures du Mans, Olivier Lombard, de poursuivre son activité afin de développer sa pile à hydrogène jusqu’au niveau technologique TRL 6 - soit la démonstration du prototype dans un environnement représentatif.
Il faut dire que la société était, en effet, bien en proie à de lourdes difficultés financières. A la présentation de ses résultats annuels de l’exercice 2022, au mois de mai, Hopium avait fait état de capitaux propres négatifs à hauteur de 10,4 millions d’euros et d’une trésorerie en perte de 1,3 million d’euros. Également, la société avait annoncé faire face à une perte nette de près de 24 millions d’euros, contre 8 millions d’euros en 2021.
Et puisque sa pile à combustible et sa berline à hydrogène Machina ne sont pas encore commercialisées (son lancement était initialement envisagé pour 2025), Hopium ne dégage pas encore de chiffre d’affaires. Sans rentrée significative de revenus, la société a de plus considérablement augmenté ses effectifs au cours de l’exercice précédent. Ses charges de personnels se sont ainsi élevées à 13,5 millions d’euros en 2022 (contre 4 millions d’euros en 2021), soit une hausse de près de 310 % sur un an. Au total, ces dernières représentent plus de la moitié des charges d’exploitation au terme de l’exercice passé. Son résultat d’exploitation est ainsi ressorti négatif à hauteur de près de 21 millions d’euros.
Sous réserve d’hypothèses
A l’occasion de la publication de ses résultats, Hopium avait néanmoins annoncé que les effectifs seraient réduits, dans le cadre d’un accord portant sur une rupture conventionnelle collective. Hopium avait aussi alors prévenu : la poursuite de ses activités serait conditionnée à la collecte de fonds propres supplémentaires. De plus, le principe de continuité d’exploitation avait alors été retenu sous la réserve de trois hypothèses : l’obtention d’une subvention dans le cadre de l’appel à projet "Auto Invest" de France 2030, la conclusion d’un ou de plusieurs accords industriels et financiers et, enfin, l’utilisation de la ligne de financement en obligations convertibles conclue avec Atlas.
Et c’est, par ailleurs, finalement sur son projet de pile à combustible que la société avait décidé de se concentrer. "Sous réserve de l’aboutissement des discussions en cours permettant de sécuriser les prochaines étapes de son développement industriel et commercial, la nouvelle feuille de route d’Hopium consisterait à lancer la pré-commercialisation de son système pile dès 2024 parallèlement à son industrialisation, et de débuter la phase de commercialisation en 2025", avait avancé Hopium à la publication de ses résultats.
Aux difficultés financières étaient aussi venus s’ajouter des mouvements de gouvernance. L’ancien ministre des Transports d’Emmanuel Macron ayant notamment quitté son siège de président du conseil d’administration moins d’une année après s’y être installé.
Le nouvel accord passé avec son partenaire financier Atlas pourrait permettre à Hopium de garder la tête hors de l’eau et de poursuivre le développement de sa pile à hydrogène, tandis que le que le groupe s’affairera à plancher sur un plan de continuation. "La période d’observation va également permettre à la société de poursuivre les contacts et discussions en cours avec des partenaires industriels et commerciaux potentiels", a de plus argumenté Hopium. Pour l’heure, les investisseurs semblent en tout cas circonspects. A la clôture, ce vendredi, le titre Hopium affichait un repli de 18,6 % à 73 centimes d’euro.
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