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Hopium / Philippe Baudillon / Olivier Lombard / Sylvain Laurent
Hopium réduit encore la voilure / Olivier Lombard s’en va, un banquier d’affaires entre au board
L’heure est à la simplification chez Hopium. Encore un changement à la tête de la start-up automobile en difficulté, placée cet été en redressement judiciaire. Dix jours seulement après l’annonce du départ de la présidence d’Alain Guillou, remplacé par le directeur général de l’entreprise, Sylvain Laurent, devenu donc président-directeur général, la gouvernance se resserre autour de celui-ci, désormais tout seul aux commandes.
L’entreprise a en effet annoncé jeudi la décision de Philippe Baudillon et Olivier Lombard de quitter leurs mandats respectifs de directeur général délégué et de directeur général adjoint, auxquels ils avaient été nommés en décembre dernier, à une époque où le groupe souhaitait renforcer ses équipes pour mieux développer sa stratégie industrielle. Or, les actualités de ces derniers mois ont montré que les priorités opérationnelles avaient radicalement changé.
C’est particulièrement vrai concernant la Machina, la berline haut de gamme au design impressionnant et dotée d’une motorisation à hydrogène qui avait fait sensation lors du Mondial de l’Automobile 2022. Mais si Hopium visait encore il y a neuf mois une commercialisation de son véhicule révolutionnaire à l’horizon 2025, les difficultés financières de l’entreprise l’ont forcée depuis à mettre cette ambition de côté et à recentrer ses ressources de recherche et développement.
Il est désormais uniquement question pour le groupe de poursuivre le développement de sa pile à hydrogène jusqu’au niveau technologique appelé "TRL 6", permettant la démonstration d’un modèle ou d’un prototype, afin de démontrer la maturité de sa technologie propriétaire. "Notre objectif est désormais de valoriser une technologie de pile à combustible Hydrogène qui s’inscrit parfaitement dans les enjeux de décarbonation des secteurs industriels." a d’ailleurs rappelé jeudi Sylvain Laurent. Ce recentrage, et la nécessité pour l’entreprise de rechercher des financements, ne requièrent donc plus exactement les mêmes compétences qu’auparavant.
Un constat qui s’applique à Olivier Lombard, qui était précisément directeur général adjoint en charge de la Machina, et pour lequel ce nouveau remaniement de gouvernance marque une prise de distance totale. Le pilote automobile fondateur de l’entreprise avait déjà successivement laissé l’année dernière la présidence du groupe à l’ancien ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, (lui-même remplacé par Alain Guillou, auquel a donc succédé Sylvain Laurent) et la direction générale à Sylvain Laurent. Non seulement, il n’exercera plus aucun rôle opérationnel dans l’entreprise, mais il a également quitté son poste d’administrateur "pour se consacrer à d’autres activités", indique le communiqué d’Hopium. Pour autant, il demeure le premier actionnaire de référence du groupe.
La même logique préside peu ou prou au départ de Philippe Baudillon, qui avait été nommé en décembre 2022 pour apporter son expertise acquise dans le pilotage de grands groupes internationaux.
A l’inverse, sur proposition de Sylvain Laurent, le conseil d’administration a approuvé la cooptation au poste d’administrateur d’un profil très utile à l’entreprise en la personne de Pascal Ghoson. Sachant que celui-ci a effectué une partie de sa carrière au sein de Lazard, de Goldman Sachs et Rothschild & Co pour le compte de clients français et internationaux. "Il mettra ses compétences de banquier d’affaires et son expérience d’entrepreneur au service du conseil d’administration", a ainsi indiqué la société.
Dans le même temps, Hopium poursuit l’exécution de son plan de réduction de coûts destiné à accompagner la réorientation stratégique de ses activités autour de son système de pile à combustible. "Les mesures portent notamment sur l’abaissement du niveau de charges fixes et la réduction de la masse salariale", indique le groupe. La prochaine publication, attendue fin octobre, du rapport semestriel de l’entreprise, permettra de mieux mesurer l’ampleur de la tâche.
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