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Entreprises / Actions / AXA / solvabilité / solvabilité II / Alban de Mailly Nesle / Axa XL / Assurance dommages / réassurance

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AXA / solvabilité / solvabilité II / Alban de Mailly Nesle / Axa XL / Assurance dommages / réassurance

La solvabilité d'Axa moins sensible que prévu à la hausse des taux

Les revenus d’Axa ont légèrement dépassé les attentes au premier trimestre. Mais l’assureur n’est pas encore en mesure de chiffrer les pertes potentielles liées à la crise ukrainienne, tandis que son ratio de solvabilité a moins progressé que prévu.
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA - Photo by Eric PIERMONT / AFP
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA - Photo by Eric PIERMONT / AFP

L’assurance est un milieu nécessairement très codifié. Les sinistres y sont rangés par catégorie et la guerre russo-ukrainienne n’y fait pas exception. Pour Axa, le conflit s’apparente "à une catastrophe naturelle de taille moyenne", a indiqué Alban de Mailly Nesle, le directeur financier d’Axa, lors de la présentation du chiffre d’affaires du premier trimestre de l’assureur.

Le numéro deux européen de l’assurance ne communique pas à ce stade d’estimation précise du coût attendu des sinistres relatifs à la crise ukrainienne, la situation étant complexe. Dans le domaine aérien en particulier, les conséquences de la ré-immatriculation dans le registre aéronautique russe de centaines d'avions loués à des sociétés étrangères sont impossibles à évaluer à ce stade, personne ne sachant si cela constitue un vol, une confiscation, une nationalisation ou une saisie.

Axa XL rentable malgré l’Ukraine

Le groupe prévoit de chiffrer l’impact de la crise ukrainienne lors de la publication des résultats semestriels en août prochain. En attendant, Axa anticipe que les répercussions seront "similaires à la perte que nous avons subie l’année dernière lors de la vague de froid au Texas", a précisé Alban de Mailly Nesle lors d’une conférence avec les analystes. Selon les calculs d’UBS, cela pourrait représenter entre 150 et 300 millions de dollars (soit entre 140 et 285 millions d’euros) pour Axa, sur la base de pertes totales mondiales en dommages liées à la Russie et à l’Ukraine évaluées entre 10 et 20 milliards de dollars.

L’impact sera supporté par la filiale Axa XL, dédiée aux grands risques. Selon le groupe, la trajectoire d’amélioration de la rentabilité de cette division n’est pas remise en cause. Après une série de catastrophe naturelles et la crise Covid depuis son acquisition en 2018, Axa XL est redevenue rentable en 2021, tirant profit d’une stratégie de forte réduction de l’exposition aux catastrophes naturelles. Et "nous nous attendons toujours à ce qu'Axa XL contribue à la croissance des bénéfices du groupe" malgré les pertes qui seront occasionnées par la guerre en Ukraine, a assuré Alban de Mailly Nesle.

Le choix de privilégier la rentabilité de cette branche, plutôt que le volume d’affaires, s’est ainsi traduit au premier trimestre par un recul des primes d’Axa XL de 3% à 6,23 milliards d’euros, sous l’effet d’un baisse de 12% des primes en réassurance lié à la réduction volontaire des primes en catastrophes naturelles.

Convexité

Dans l’ensemble, les revenus totaux du groupe sur les trois premiers mois de l’année se sont élevés à 31,3 milliards d’euros, en hausse de 1,9%, légèrement au-dessus des attentes des analystes, dont le consensus se situait à 31 milliards d’euros. "Axa a poursuivi sa croissance sur ses marchés privilégiés, avec une hausse à données comparables de 2% en assurance dommages dont 4% en assurance dommages d’entreprises hors Axa XL Re, de 6% en assurance santé, et de 5% sur les produits en unités de compte", note le courtier Oddo BHF. En gestion d’actifs, le chiffre d’affaires est demeuré stable à 392 millions d’euros mais la collecte nette a été très dynamique, s’élevant à 9 milliards d’euros.

Ainsi, "malgré l'environnement géopolitique incertain, le groupe est confiant dans sa capacité à atteindre les objectifs du plan stratégique driving progress 2023", a indiqué Alban de Mailly Nesle. A plus court terme cependant, le manque d’indications précises sur les pertes à attendre de la crise ukrainienne pourrait, dans une certaine mesure, conduire le consensus à revoir à la baisse ses prévisions pour 2022, estime la banque américaine JP Morgan.

Un indicateur très surveillé a par ailleurs légèrement déçu. Le ratio de solvabilité II du groupe s’établissait à 224% à fin mars, en hausse de 7 points par rapport à son niveau de la fin de l’année dernière, mais inférieur de 4% aux attentes des analystes. Cela est dû en partie à un impact plus négatif qu’attendu de la hausse de l'inflation. D’autre part, si l'environnement de hausse des taux d’intérêt fait mécaniquement monter les ratios de solvabilité des assureurs, il convient de tenir compte également de la convexité, notion mathématique qui signifie plus les taux montent moins la marge de solvabilité est sensible à leur variation.

"Nous avons surestimé les effets positifs de la hausse des taux d'intérêt et sous-estimé les coûts d'une inflation plus élevée", reconnaissent ainsi les analystes de Jefferies. A la Bourse de Paris, les investisseurs ont également pris acte vendredi de cette moindre sensibilité, l’action Axa a terminé en recul de 1,5%, à 22,8 euros.

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