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Scor étonne et crée de la valeur / Le plan de Thierry Léger bientôt présenté
Le redressement de Scor n’est pas seulement en cours, il est déjà réussi. Thierry Léger, son tout nouveau directeur général en provenance de Swiss Re, arrivé début mai, qui a pris les commandes d’une entreprise déjà redevenue pleinement rentable, part d'une base solide.
Le plan d’urgence engagé à l’automne 2022 avait déjà donné de premiers fruits rassurants à la fin de l'année dernière. Les trois premiers mois 2023 ont amplifié la donne.
Pour ses premiers résultats publiés selon la nouvelle norme comptable IFRS 17, l’entreprise a fait état d’un bénéfice net de 311 millions d’euros à fin mars, à comparer à une perte nette de 35 millions d’euros un an plus tôt. Une performance largement supérieure aux anticipations, alors que le consensus attendait un résultat moitié moindre à 161 millions d’euros. Et de fait, ces 311 millions d’euros représentent déjà "48% des attentes du consensus pour le résultat net de l'année 2023", constate UBS.
Le groupe, qui avait opéré une large restructuration de son portefeuille à la faveur des renouvellements de contrats en début d’année en réassurance dommage, afin de limiter notamment son exposition aux catastrophes naturelles, bénéficie des retombées de ce travail. Et ce tandis que les conditions de marchés restent propices aux hausses de tarifs. En raison justement de la sinistralité élevée liée aux catastrophes naturelles, avec notamment un tremblement de terre de grande ampleur en Turquie, des tornades aux États-Unis et des inondations en Nouvelle Zélande survenues au premier trimestre 2023. Scor a ainsi enregistré une hausse moyenne des tarifs de 7% pour son portefeuille de risques de dommages et de responsabilité renouvelé au 1er avril 2023, ce qui devrait permettre la poursuite de l'amélioration de la rentabilité technique.
En parallèle, dans l’autre activité, celle de réassurance vie et santé, " la surmortalité associée à la pandémie de Covid-19 s’est très fortement estompée, de sorte que le nombre de sinistres liés au Covid-19 continue, comme anticipé, de diminuer ", explique la société. Pour leur part, les analystes de Jefferies notent d'ailleurs que "la majeure partie de la surperformance par rapport au consensus s'explique par l’activité vie et santé ". Pour autant, "le résultat en réassurance Dommages (P&C) a également dépassé le consensus ", ajoutent-ils.
Solvabilité renforcée
Tandis que ses deux principales lignes de métier ont retrouvé une forte rentabilité, le groupe profite du nouveau référentiel comptable IFRS 17 pour dévoiler son nouvel indicateur clé de "valeur économique". Celle-ci a atteint 9,8 milliards d’euros à fin mars, soit 54 euros par action, en hausse 6,3 % par rapport à fin 2022. Composée à la fois des fonds propres du groupe et de la marge sur services contractuels ou "Contractual Service Margin" (CSM) qui reflète la valeur actualisée des profits futurs attendus, cette valeur économique dépasse elle aussi les attentes, s'établissant 9% au dessus du consensus.
S'agissant de la solvabilité, qui constitue l’autre grand objectif du groupe avec la création de valeur économique, la trajectoire est plus que satisfaisante également. En s’élevant à 219%, le ratio Solvabilité II est sur le point de dépasser la limite supérieure de 220% visée par la société, ce qui est "également très encourageant, compte tenu de la sensibilité aux taux d'intérêt", note UBS. Cette amélioration du ratio signifie en effet que la hausse des taux d’intérêt entraîne pour le groupe une baisse de la valeur des passifs techniques à long terme plus forte que celle des actifs. De plus, ce ratio inclut un dividende de 1,80 euro pour 2023 qui est conforme aux anticipations.
Des signaux positifs qui se traduisent en Bourse par un bond de 10% de l’action Scor, à près de 26 euros, la remontée du titre dépassant désormais les 40% en six mois. Et ce alors que le nouveau plan stratégique n’a pas encore été dévoilé. Ce plan, qui doit être présenté lors de l’assemblée générale du 25 mai prochain, "définira les voies et moyens optimaux pour que le groupe conforte sa place dans le groupe de tête des réassureurs mondiaux", a rappelé Denis Kessler, son président, soulignant la confiance du conseil d’administration "dans la capacité du groupe à poursuivre activement son développement sous le double sceau de la solvabilité et de la création de valeur".
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