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Scor dans la bonne direction / Moins de primes et plus de rentabilité
Scor joint les actes à la parole. Trois mois après la présentation de son plan d’urgence, le réassureur français vient d’opérer une large restructuration de son portefeuille à la faveur des renouvellements des contrats du 1er janvier 2023 en réassurance dommage.
Le groupe qui sera bientôt dirigé par Thierry Léger, l’actuel patron de la souscription de Swiss Re, à la suite du limogeage de Laurent Rousseau, a renouvelé à cette date pour un peu plus de 3,6 milliards d’euros de primes en réassurance dommages. Cela représente environ 67 %, soit les deux tiers de ses primes de réassurance dommages et 47 % du total des primes dommages du groupe.
Il en ressort qu’au total, les primes brutes en réassurance ont baissé de 12 % lors des renouvellements de janvier dernier, malgré des fortes hausses tarifaires, ce qui sous-entend que les volumes ont reculé encore davantage, de 20 % environ lors de ces renouvellements. Un recul à l’ampleur inattendue, qui surprend les analystes. "C’est pire que la baisse de 10 % que nous anticipions", note ainsi Jefferies, tandis que le consensus Visible Alpha prévoit même une croissance de 8 % des primes brutes émises en dommages en 2023.
Mais il s’agit d’un choix fait à dessein. Scor a volontairement réduit de 14 % son exposition aux catastrophes naturelles, après une réduction de 21 % déjà réalisée sur l’ensemble de l’année 2022. Le groupe a également fortement réduit son exposition aux lignes les plus sensibles à l’inflation, telles que la responsabilité civile aux États-Unis et la branche automobile souscrite en proportionnel. "La contrepartie positive est que Scor s’attend à ce que son ratio de souscription net s’améliore de 2,5 à 3 points", observe Jefferies. Et "cela renforce la confiance dans la possibilité d’atteindre l’objectif de ratio combiné [sinistre sur prime, ndlr] de 95 %", note pour sa part UBS. Ainsi, "non seulement cela suggère un certain potentiel de hausse des bénéfices par rapport aux prévisions, mais cela devrait également réduire le coût des capitaux propres au fil du temps, car les mesures prises devraient réduire la volatilité des bénéfices", ajoute la banque suisse.
Cette amélioration est aussi la conséquence d’une augmentation des tarifs de 9 % avant prise en compte des hypothèses d’inflation. Les principales augmentations de tarif sont observées sur les traités couvrant les catastrophes naturelles par évènement, et ce, plus particulièrement en Amérique du Nord et en Europe avec des augmentations respectives de 71 % et 44 %.
De plus, Scor a obtenu lors de ces renouvellements de meilleures conditions, telles que l’exclusion de périls supplémentaires, des franchises plus élevées ainsi que des conditions de reconstitution plus strictes.
Il faut dire que le groupe évolue "dans l’un des environnements de réassurance les plus porteurs depuis plusieurs décennies", comme l’a souligné Jean-Paul Conoscente, le directeur général de l’activité Dommages. Face aux risques climatiques et géopolitiques croissants, les réassureurs sont en position de force pour facturer beaucoup plus cher le transfert des primes que leur cèdent les assureurs. C’est dans ce contexte que le groupe "met tout en œuvre pour améliorer le profil rendement / risque et la rentabilité technique de son portefeuille", a-t-il ajouté.
Ainsi, "le groupe fait apparemment tout ce qu’il avait annoncé : il réduit son exposition aux branches d’activité à forte volatilité et se concentre sur la rentabilité de ses résultats", résument les analystes de Deutsche Bank. Le message semble entendu par les investisseurs. En Bourse, l’action Scor gagne 2,2 % à 22,8 euros mercredi, après avoir bondi mardi de 5,5 %.
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