Assurances / Assurance / cybercriminalité / risque cyber / catastrophes naturelles / catnat / catastrophes climatiques
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Assurance / cybercriminalité / risque cyber / catastrophes naturelles / catnat / catastrophes climatiques
Les assureurs français face à la hausse des coûts des sinistres
2021 est à marquer d’une pierre blanche pour les assureurs. "Après deux décennies de baisse jusqu’à s’installer pendant deux ans en territoire négatif, les taux d’intérêt ont connu une inflexion, marquée par un début de remontée et un retour en territoire positif. En 2021 a également réméré un risque que l’on avait presque oublié : l’inflation, qui se poursuivra en 2022 d’autant plus que la guerre russo-ukrainienne l’alimente", a résumé Florence Lustman, à la tête de France Assureurs (nom d'usage de la Fédération française de l’assurance, l’organisme professionnel du secteur).
Les assureurs devraient participer à la tendance inflationniste au cours des années à venir : certaines tendances qui prévalaient avant la crise sanitaire ont fait leur retour en 2021 et sont porteuses de futures hausses de tarifs.
En assurance santé et prévoyance, les prestations (+5,8% à 21,3 milliards d’euros) ont augmenté davantage que les cotisations (+4,3% à 26,5 milliards d’euros) pour la troisième année consécutive. "Le déploiement du 100% santé est un succès majoritairement financé par les assureurs : le coût additionnel pour les assureurs s’élève à 346 millions d’euros", a évalué France Assureurs. Florence Lustman a appelé à reconstruire le système de santé. "Le temps des rustines est terminé", a-t-elle souligné.
En assurance automobile, les cotisations ont progressé de 1,7% en 2021 (à 23,9 milliards d’euros), tandis que les prestations ont bondi de 8,6%. Au cours des 10 dernières années, le coût moyen des sinistres (+5,7% en corporel et +3,5% en matériels) a augmenté davantage que leurs fréquences (-1,9% et -2,4%), notamment du fait, pour les accidents matériels, de la flambée du coût des pièces détachées (+4,6% en 2021). Le ratio combiné moyen de l’activité s’est d’ailleurs dégradé l’année dernière, passant de 94,7% en 2020 à 98,9% en 2021. "En assurance habitation, le coût des dommages augmente continuellement depuis 10 ans sous l’impact notamment des aléas naturels", mentionne France Assureurs.
L’assurance des professionnels/entreprises a également continué à afficher des prestations à un niveau élevé, même si l’on exclut le millésime exceptionnel que fut 2020 en raison de la pandémie (le ratio combiné avait flambé à 114,3%). Les coûts des sinistres ont progressé de 11% par rapport à 2019 (à 6,9 milliards d’euros). Dans l’assurance agricole, liée aux catastrophes naturelles, "le ratio sinistres/primes n’est pas tenable", s’inquiète Florence Lustman. Le coût des sinistres a bondi de 31% en 2021 à 750 millions d’euros, progressant année après année depuis les 411 millions enregistrés en 2017.
Risque transversal, le réchauffement climatique confirme son empreinte sur les finances des assureurs. Pour la sixième année consécutive, la sinistralité a dépassé les 3 milliards d’euros en 2021. Au cours des six dernières années, la moyenne a atteint 3,5 milliards par an, contre 2,8 milliards entre 2010 et 2019 et… 1,2 milliard entre 1984 et 1989.
Du côté des relais de croissance pour le secteur, l’assurance cyber a confirmé son succès. Après avoir bondi de 44% en 2020 du fait du recours massif au télétravail, qui a provoqué un début de prise de conscience de la réalité des menaces, la demande a flambé de 52% en 2021, à 219 millions d’euros de cotisations. Mais elle reste limitée en valeur absolue, alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a mis en évidence le risque croissant de l’utilisation de l’arme cyber dans des conflits internationaux de basse ou haute intensités par certains Etats. "Les conditions ne sont pas réunies pour créer un contrat de protection global contre le risque cyber. La moitié des dirigeants de PME française considèrent que leur entreprise n’est pas susceptible de subir une attaque de ce type. Nous avons un énorme travail d’éducation à faire, qui a débuté l’année dernière avec la Gendarmerie nationale. Si le risque devenait systémique [dans le cas d’un conflit international, ndlr], l’assurance cyber se prêterait bien à un partenariat public-privé", défend Florence Lustman.
Concernant le conflit russo-ukrainien en lui-même, la responsable de France Assureurs estime qu’il ne devrait pas affecter significativement les acteurs français, tant leur exposition à ces deux pays est minime : ils représentent 0,1% de l’activité des assureurs et 0,03% de leurs actifs gérés.
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