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Covéa plaide pour une prévention accrue des risques climatiques / La réduction des coûts grâce à l'innovation ou à des gestes simples
"Les évènements climatiques augmentent et leur interaction avec le tissu économique, qui est de plus en plus concentré, font que leurs impacts deviennent de plus en plus violents". Un constat posé par Sylvestre Frezal, secrétaire général de Covéa, et qui aura poussé le groupe mutualiste à travailler sur la publication d’un nouveau livre blanc, ce mardi, enquêtant sur les risques climatiques et la manière de les prévenir.
Car si tout à chacun est aujourd'hui en mesure d'appréhender l'urgence de la transition écologique, nécessaire pour tenter de freiner le dérèglement climatique, certains secteurs d'activité font d'ores et déjà - et plus que d'autres - face à ses néfastes effets sur leurs affaires. En première ligne, donc : les assureurs, chargés de couvrir les sinistres liés aux catastrophes naturelles subis par leur clients.
Alors pour tenter d'en réduire les impacts, une prévention plus ciblée et accrue de ces dits risques semble apparaître comme l'une des solutions les plus opportunes à adopter. Au programme de ce guide de la prévention, une revue des risques climatiques les plus fréquents et importants et quelques solutions pour parvenir à les prévenir en amont.
Des fissures qui détruisent
En matière de sécheresse, par exemple. Sur la période 2003-2015, le coût de la sinistralité lié à l’absence d’irrigation s’élevait à 380 millions d’euros en moyenne. De 2016 à 2022, le chiffre a bondi à 1,4 milliard d’euros, rapportent les données de Covéa. Et les conséquences sont lourdes pour les habitations : "En période de sécheresse, l’argile s’évapore et se retire du sol. Puis lorsqu’il pleut, l’argile se regonfle. Cela provoque un mouvement de terrain et qui peut faire fissurer les maisons", explique Charles Dumartinet, directeur du pôle des risques majeurs chez Covéa.
Le phénomène s’observe essentiellement dans ce que l’assureur nomme le "croissant argileux", situé dans le sud-ouest de l’Hexagone. Il reste qu’une habitation une fois fissurée est onéreuse à réparer et que ces dégâts font souvent l’objet d’une indemnisation par l’assureur. Et le risque augmente : "Globalement, la fréquence des sécheresses extrêmes devrait ainsi augmenter de plus de 70 % en moyenne à horizon 2050", anticipe Covéa dans son rapport.
Alors pour tenter de prévenir ces sécheresses pour les maisons qui y sont exposées et déjà construites, Covéa a développé un partenariat avec le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Grâce à la récupération de l’eau de pluie et du suivi en continu des données de succion du sol, le procédé permet de l’humidifier à nouveau et précisément aux endroits fissurés. "Cette expérimentation a été mise en place pour un coût total de 15 000 euros HT (hors étude de sol), se révélant ainsi bien moins coûteuse que les micropieux [les pilotis, ndlr]", précise par ailleurs le livre blanc de Covéa.
Valider et automatiser
"Nous nous sommes portés volontaires pour tester le dispositif à plus grande échelle, l’idée est de valider qu’il fonctionne sur tout type de maison et de l’automatiser pour que l’assuré n’ait plus rien à faire. La prévention n’est pas quelque chose de nouveau mais c’est une nouvelle corde à notre arc", souligne Charles Dumartinet, qui rappelle par ailleurs que certains gestes plus simples existent pour tenter de contenir la sécheresse des sols et ses effets sur les fondations d’une maison. Entre autres, le fait de ne pas planter d’arbres, gourmands en eau, près de son habitation.
Des bonnes pratiques et petits gestes que le groupe mutualiste, qui réunit notamment les marques MMA, Maaf ou GMF, n’hésite pas à rappeler à ses assurés par ailleurs. Mais de manière occasionnelle, ajoute-t-il, pour les prévenir d’une tempête ou pour leur remémorer certains gestes utiles en cas d’évènements exceptionnels.
Un enjeu donc de taille pour le groupe, puisque les épisodes de grêle et de sécheresse ayant eu lieu au fil de l’année 2022 se seront traduits par un niveau d’indemnisation en forte croissance. Le tout aura engendré un coût total de 1,2 milliard d’euros pour le groupe, sous un double-effet d’une hausse de la sinistralité et de l’inflation qui aura pesé sur les règlements et les charges de provisionnement.
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