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Angela Merkel / Allemagne / climat
Angela Merkel lance un plan pour l'écologie
Le gouvernement allemand a annoncé des mesures pour lutter contre le changement climatique, notamment l'instauration d'une taxe carbone pour des secteurs clés tels que le transport aérien et le secteur automobile, et un nouveau budget de 54 milliards d’euros visant à encourager les entreprises et les ménages à réduire leurs émissions de carbone, sur fond de manifestations massives pro-climat dans le pays ce week-end. Les mesures, y compris les subventions à la production d’énergie verte, seront financées par les recettes provenant desdites taxes. Par ailleurs, l'Allemagne met en place un nouveau système d’échange de certificats d’émissions de carbone qui sera lancé en 2021, pour changer durablement les comportements des producteurs.
En effet, les entreprises qui produisent et vendent de l'essence, du charbon, du fioul domestique et des combustibles similaires devront acheter des certificats pour compenser les émissions de dioxyde de carbone de leurs produits. Quant au prix du carbone, il devrait passer de 10 euros la tonne de CO2 émise en 2021 à 35 euros en 2025, ce qui entraînera naturellement une augmentation des coûts pour les consommateurs. La taxe actuelle de 7,38 € par passager au départ des aéroports allemands sera doublée à compter du 1er janvier 2020. Cela servira à financer une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les billets de train de 19% à 7%. Pour éviter les rebellions de type Gilets jaunes, le gouvernement a prévu, grâce au fruit de cette nouvelle taxe, de financer des crédits d'impôts pour inciter les utilisateurs à acheter des véhicules propres, entre autres. Pour autant, cette autre mesure ne garantira pas la fin des révoltes. Les pauvres et les classes moyennes des banlieues dépensent une plus grande part de leurs revenus en énergie que les riches et les professionnels de la ville, et n'ont souvent pas les moyens d'acheter un nouveau système de chauffage efficace, ou autre nouveauté technologique bas carbone.
Dans tous les cas, il y a urgence, tant d'un point de vue climatique que politique, car le gouvernement est sous pression pour atteindre ses engagements pris en 2007 de réduction des émissions de dioxyde de carbone de 55 % par rapport à son niveau de 1990 d’ici à 2030."Aujourd’hui, notre mode de vie n’est pas durable, en particulier en ce qui concerne le réchauffement de la planète", a déclaré la Chancelière Angela Merkel aux journalistes à Berlin en présentant son plan. Toujours côté politique, ce plan pourrait neutraliser quelque peu la montée en puissance des Verts qui sont désormais au coude à coude avec la CDU en tant que parti le plus populaire d’Allemagne. Plusieurs sondages prouvent la montée en flèche des Verts, qui avaient recueilli 8,9 % des voix lors des dernières élections fédérales en 2017, mais qui se situent maintenant aux alentours de 23 %, en grande partie "grâce" aux préoccupations des électeurs sur le climat.
Même si ces mesures n'affecteront pas l’équilibre budgétaire de l’Allemagne auquel elle est tant attachée - l’excédent budgétaire du pays devrait dépasser les 40 milliards d’euros en 2019 -, elles sont une manière de répondre en partie aux recommandations de la Banque centrale européenne et aux appels de certains pays membres de la zone euro enjoignant les pays qui en ont les moyens, d'effectuer une relance budgétaire à travers l'investissement dans les infrastructures et la lutte contre le dérèglement climatique.
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