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Renault / Luca de Meo / Marge opérationnelle
Renault de retour vers ses niveaux de marge d’avant crise / Le constructeur redevient une machine à cash
Le redressement opérationnel de Renault va bon train. Alors qu’il a émis le souhait de retrouver une "certaine agilité stratégique" dans le cadre de l’alliance allégée sur laquelle il vient de se mettre d’accord avec son partenaire Nissan, le constructeur français retrouve une santé financière bienvenue, plus rapidement que prévu. La perte nette de 338 millions d’euros annoncée par le groupe pour l’exercice écoulée n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour juger ses progrès, étant donné qu’elle s’explique par sa sortie du marché russe. Beaucoup plus important, le groupe a doublé sa marge opérationnelle l’an passé, passant d’une marge de 2,8 % du chiffre d’affaires en 2021, à 5,6 % en 2022, soit 2,6 milliards d’euros de résultat opérationnel pour des ventes de 46,4 milliards d’euros.
La marge des activités automobiles (hors activités financières) s’est établie à 3,3 %, et même à 4,2 % au second semestre, après 1,3 % au premier. Pour la redresser, le groupe se sert de plusieurs leviers. Premier d’entre eux, l’effet prix, positif de 9,7 points, qui reflète la poursuite de la politique commerciale, privilégiant la valeur sur le volume des ventes, lancée par Luca de Meo, le directeur général, dès sa prise des commandes de l’entreprise il y a deux ans et demi. Le constructeur a aussi passé des hausses de prix pour compenser l’inflation des coûts et optimisé ses remises commerciales. Conséquence, l’effet prix a même atteint 12,1 points au second semestre de l’année après un premier semestre à 7,4 points.
Offensive produits
A cet effet mix-prix, qui a atteint 3,5 milliards d’euros, compensant à lui seul l’augmentation des coûts de 2,3 milliards d’euros, s’est ajoutée une reprise des volumes, de 3,4 % sur l’ensemble de l’année après un premier semestre négatif, grâce à un cycle de produits favorable. Une offensive produits notamment illustrée par le lancement de la Renault Megane E-Tech Electric à la fin du deuxième trimestre 2022, ou du Dacia Jogger au premier. Et qui est appelée à s’amplifier. "Rénovation", la deuxième phase du plan de redressement du groupe centrée sur les produits, "déjà largement engagée, permettra au groupe de disposer de sa meilleure gamme de véhicules depuis 30 ans", a souligné Luca de Meo.
Autre levier qui s’est révélé très efficace : la base de coûts a été considérablement allégée. "Les coûts fixes ont été réduits de plus de 2 milliards d’euros par rapport à la base de référence 2019", observe le bureau d’études Stifel. En parallèle, le free cash-flow, nerf de la guerre, a atteint 2,1 milliards d’euros, en hausse de 1,2 milliard d’euros par rapport à 2021, alors que le groupe l’anticipait seulement au-dessus de 1,5 milliard d’euros, et le consensus des analystes à 1,7 milliard d’euros. " Il s’agit du meilleur indicateur, selon nous, du redressement de Renault", estime Stifel, soulignant que les activités industrielles (hors activités financières) de Renault sont désormais "complètement désendettées". Les activités automobiles ont retrouvé une position financière nette de 549 millions d’euros au 31 décembre dernier, comparé à la dette de 1,1 milliard d’euros qui existait encore un an plus tôt.
Revenu à une situation financière, sinon confortable, du moins totalement saine, le constructeur envisage 2023 avec sérénité quand bien même l’environnement restera difficile, avec une inflation continue des coûts sur la main-d’œuvre, l’énergie et certaines catégories de matières premières. Il vise une marge d’au moins 6 %, laissant entrevoir un retour à ses niveaux de 2018 (6,3 %), voire 2017 (6,6 %), et un cash-flow libre de 2 milliards d’euros. Des objectifs "dans lesquels nous sommes maintenant encore plus confiants après la forte performance du second semestre", note le cabinet Oddo BHF. Et qui permettraient d’effacer les années de crise. En Bourse, l’action Renault a pris 1 % jeudi, à 43,57 euros.
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