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États-Unis; concurrence; régulation

Macro-économie / Taux / Banques européennes / Politique européenne / lobbying

Macro-économie / Taux
Banques européennes / Politique européenne / lobbying

Les banques européennes jalousent toujours leurs concurrentes américaines / Elles réclament plus de souplesse réglementaire

Les banques européennes, par l’intermédiaire de la Fédération bancaire de l’Union européenne, s’inquiètent à nouveau des divergences réglementaires entre les deux rives de l’Atlantique. La transposition finale des accords de Bâle III, selon ses estimations, pourrait faire peser sur les établissements européens un impact compris 0,8 et 1 point de pourcentage du rendement des capitaux propres relativement à leurs consoeurs américaines.
Bâle III de plus en plus proche d'être définitivement transporté dans l'UE. ©H. Vanbeselaere/Reporters-REA
Bâle III de plus en plus proche d'être définitivement transporté dans l'UE. ©H. Vanbeselaere/Reporters-REA

La même rengaine année après année. Les banques du Vieux continent n’allaient pas cesser de s’inquiéter des effets de Bâle III sur leur compétitivité, alors que ces accords sont de plus en plus proches d’être transposés. Après avoir vu la Fédération bancaire française élever la voix à plusieurs reprises à ce sujet, cette fois-ci c’est la Fédération bancaire de l’Union européenne (EBF) qui monte au créneau. Cette entité en charge de la défense des intérêts des banques au sein de l’UE, s’inquiète d’une "faiblesse persistante de la rentabilité des banques européennes [qui] constitue un risque pour la stabilité financière."

Une façon habile de demander à Bruxelles de prêter une attention particulière au coût de la conformité. Plus précisément, sur ce sujet l’EBF avance qu’actuellement "le principal facteur de coût en Europe est le niveau élevé des réformes réglementaires de ces dernières années. " Un argument parmi d’autres qui pousse l’association à demander un "réexamen des exigences de fonds propres et des processus de surveillance actuels ", avec des effets potentiels pouvant aller jusqu’à une hausse de 30 % relativement aux volumes actuels de prêts bancaires.

 

Oncle Sam

 

Au-delà des brides qui peuvent entraver le financement de l’économie, l’inquiétude majeure exprimée dans la publication est surtout liée à la compétition avec les banques d’outre-Atlantique. Le constat est posé que "le secteur bancaire de l’UE ne gagne pas aujourd’hui le coût de son capital ", quand dans le même temps "ses concurrents américains ont retrouvé les niveaux de rentabilité d’avant la crise [financière, ndlr]"

Une situation qui pourrait ne pas changer de sitôt étant donné que "l’accès transfrontalier au marché européen reste limité pour les acteurs bancaires de l’UE", alors même que ces derniers sont aujourd’hui soumis à "des contributions presque deux fois plus élevées aux fonds de dépôt et de résolution au niveau de l’UE et des États membres que leurs homologues américaines, tandis que les exigences en matière de capacité de renflouement sont de 3,9 points de pourcentage plus élevées qu’aux États-Unis."

Difficile dans ses conditions pour les acteurs du Vieux continent de rivaliser avec leurs homologues américains. Surtout quand l’EBF s’attend à ce que "les exigences futures liées à la mise en œuvre intégrale de Bâle III et les surcharges de capital liées au climat devraient pénaliser les banques européennes dans une plus large mesure que les banques américaines."

 

Sacrifier l’avenir

 

L’Union européenne prend son temps pour mettre en œuvre Bâle III, cependant elle reste en pointe sur ce sujet et c’est bien là la crainte formulée par l’EBF ; payer les pots cassés de cet excès de zèle. C’est l’une des requêtes formulées dans la publication, à l’occasion de " la mise en œuvre complète de Bâle III, les autorités doivent veiller à ce que les banques de l’UE ne soient pas désavantagées sur le marché mondial. "

Les acteurs bancaires ne sont cependant pas sans reconnaître qu’elles ont également des efforts à fournir et l’association préconise qu’ils continuent "à se concentrer sur l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et la numérisation. " Les efforts sont également nombreux à fournir en ce qui concerne l’égalité des conditions de concurrence.

Un autre ajout à leur argumentaire concerne le financement de la transition verte, si chère aux yeux de Bruxelles, l’EBF rappelle à quel point le sujet de "la disponibilité des financements du secteur privé et des banques sera cruciale pour soutenir les futures initiatives politiques visant à renforcer l’économie européenne " et tout particulièrement en ce qui concerne "la transition verte [qui] nécessitera des financements importants."

D’autant plus qu’il est effectivement réaliste de constater que "les investissements requis ne peuvent être financés uniquement par des initiatives publiques, étant donné que les niveaux d’endettement élevés et l’inflation limitent la marge de manœuvre budgétaire." Reste à savoir si ses arguments feront mouche auprès des décideurs européens ou si " l’impact macro-financier de la réglementation financière et sa cohérence avec des objectifs de politique économique plus larges " restera inchangé.

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