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Banques européennes / Autorité bancaire européenne / Silicon Valley Bank

krach Les banques européennes n’ont jamais été aussi solides depuis la crise de 2008 / Elles sont aussi plus saines que leurs homologues américaines

KRACH BANCAIRE. Le coup de chaud sur les banques régionales américaines et les fortes tensions sur Credit Suisse viennent en creux souligner la solidité du système bancaire européen, plus sain et réglementé que son homologue américain.
Tour du 1 Canada Square, ou se trouve, au 46ème étage, le siège de l'Autorité bancaire européenne - Eric TSCHAEN/REA
Tour du 1 Canada Square, ou se trouve, au 46ème étage, le siège de l'Autorité bancaire européenne - Eric TSCHAEN/REA

La poussière n’a pas fini de retomber après les fortes secousses bancaires des deux dernières semaines. Mais la faillite des banques régionales américaines Silicon Valley Bank et Signature Bank et la panique provoquée par le Credit Suisse sur les marchés ont au moins eu un mérite : celui de questionner sérieusement la résistance du système. Comme une alerte salutaire venue rappeler l’importance des "stress tests" menés tous les deux ans par l’Autorité bancaire européenne (ABE), dont l’édition 2023 a justement été lancée fin janvier.

Et tandis que les résultats de ces tests simulant un scénario basé sur une aggravation sévère de la situation géopolitique, une hausse des prix des matières premières et une résurgence du Covid-19 ne seront pas connus avant juillet, les récents événements ont contraint les analystes à faire tourner leurs modèles dans l’urgence afin d’évaluer scrupuleusement la situation des banques européennes. Leur constat rassure. Celles-ci sont "sorties renforcées des crises" et "se trouvent dans la position la plus solide qu’elles aient jamais connue depuis la crise financière mondiale", résume Jefferies dans une récente étude.

Le bureau d’analystes met en avant les niveaux élevés de solvabilité et de liquidité des établissements européens. Sur le premier aspect, les données de l’ABE montrent que le ratio Common Equity Tier1 (CET1) est passé de 11,5 % en décembre 2014 à 14,8 % en septembre 2022. Sur le second volet, le ratio de liquidité à court terme LCR (qui porte sur les liquidités à 30 jours) du secteur bancaire de l’Union, toujours selon les données de l’ABE, est passé d’environ 140 % en décembre 2016 à 163 % en septembre 2022. Après avoir été gonflé en 2020 par la troisième série d’opérations ciblées de refinancement de long terme (TLTRO3) de la Banque centrale europénne (BCE) en plein Covid, ce ratio "diminue maintenant à mesure que l’excès de liquidité est éliminé, mais le LCR sectoriel est encore bien supérieur aux niveaux pré-pandémiques", note Jefferies.

L’occasion de souligner que les banques régionales américaines, comme la SVB qui vient de faire faillite, ne sont pas soumises au ratio de liquidité à court terme (LCR), ni à des règles aussi strictes en termes de capital et de liquidité que les grandes banques américaines. Elles ne sont pas non plus contraintes de reconnaître dans leur bilan la variation de la valeur de marché de leurs portefeuilles de titres à revenu fixe depuis l’allègement de la réglementation Dodd-Frank par l’administration Trump en 2018.

D’ailleurs, toujours si l’on compare avec leurs homologues américaines, "les liquidités auprès des banques centrales représentent une part plus importante du bilan des banques européennes, et les titres de créance une part plus faible ", souligne de son côté Moody’s. Les titres de créance représentent environ 12 % du bilan des banques de la zone euro, contre plus de 30 % pour les banques commerciales américaines, et environ 40 % des avoirs des banques de la zone euro sont des titres d’État, contre environ 80 % de titres d’État et fédéraux pour les banques américaines.

"Les banques de l’UE sont également soumises à des exigences de fonds propres concernant le risque de taux d’intérêt dans le portefeuille bancaire", ajoute l’agence de notation. Cela signifie que les banques européennes sont moins exposées au risque de marché sur les obligations.

Et si jamais le risque survient malgré tout, les établissements européens peuvent mettre en garantie un large éventail d’actifs auprès de leurs banques centrales nationales, ce qui leur permet d’accéder à la liquidité de banque centrale, même dans des circonstances défavorables. Un dispositif aussi large n’existait pas auparavant aux États-Unis et a seulement été mis en place sous le nom de Bank Term Funding Program (BTFP) il y a une semaine par les régulateurs américains.

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