WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
États-Unis; Washington; risque

Régulation / Concurrence / SVB / Silicon Valley Bank / Régulation

Régulation / Concurrence
SVB / Silicon Valley Bank / Régulation

krach Pas besoin d’outrepasser les règles pour faire faillite / Un profil de risque bien particulier a suffi à couler SVB

KRACH BANCAIRE. La pandémie de Covid est derrière les États-Unis et pourtant elle a creusé la tombe de Silicon Valley Bank. Cette banque a vu ses activités être profondément modifiées par l’afflux de liquidités dont disposaient ses clients.
Silicon Valley Bank. Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA
Silicon Valley Bank. Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA

Nul besoin de transgresser la réglementation pour sombrer, voici le constat qui s’impose suite à la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB). Les causes de cette catastrophe ne sont pas à aller chercher bien loin, puisque Coface évoque "un échec qui peut être attribué à une clientèle insuffisamment diversifiée " comme une des explications. Céline Choulet, économiste bancaire chez BNP Paribas, a de son côté confié à Wansquare qu’il fallait avant tout voir "une banque de taille modeste qui a vu son bilan tripler en deux ans mais qui n’a pas enfreint les règles qui lui étaient imposées".

 

La pandémie comme genèse

 

Pas de mystère également pour Coface, qui rappelle qu’à l’occasion de la pandémie et de l’afflux de liquidité enregistré par la clientèle bien spécifique de SVB, les dépôts ont alors " augmenté de manière significative (+86 % en 2021)". C’est le moment où tout va se jouer pour la banque californienne, Céline Choulet nous rapportant qu’on peut y observer "de probables erreurs de gestion qui ont conduit SVB à investir le surcroît de ressources collectées sous forme de dépôts en titres de dette de maturité longue, sans se couvrir contre le risque de taux".

Pour autant, la banque n’enfreint alors pas une "réglementation bancaire américaine très progressive, largement fondée sur la taille des établissements". L’économiste de BNP Paribas expliquant qu’outre-Atlantique "plus une banque est petite, moins elle a de contraintes réglementaires", ainsi SVB était "bien sujette à des exigences de fonds propres mais n’était pas soumise aux contraintes de liquidité imposées aux plus grands établissements bancaires."

 

Avis de fuite

 

Faire faillite sans outrepasser la réglementation témoigne a minima d’un trou dans la raquette de cette dernière. Il ne fait pas de doute aux yeux de Céline Choulet que SVB était "très exposée au risque de fuite des dépôts, que son profil d’activité très spécifique et la structure de ses ressources (forte concentration de la base de dépôts, proportion élevée de dépôts non couverts par le fonds de garantie) l’ont rendue d’autant plus vulnérable à la panique qui est survenue". Un comble pour un établissement dont le cœur de métier était initialement d’effectuer des prêts et qui s’est retrouvé transformé par l’explosion de la taille de son bilan.

Cependant même si plus une banque est grosse, plus elle est encadrée par la loi outre-Atlantique, la banque californienne n’a pas atteint la taille critique qui lui aurait imposé des exigences à même de la sauver. Elle n’a cependant pas empêché les autorités américaines de prendre des mesures d’exception en raison "du risque systémique" que sa situation représentait pour le secteur.

Faute d’avoir disposé des outils réglementaires leur permettant de venir voir cette faillite, l’objectif pour les décideurs américains est désormais de faire en sorte qu’aucune entreprise ne soit mise en difficulté par la résolution.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article