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Régulation / Concurrence / Silicon Valley Bank / Bercy / banques françaises / Banques européennes / BCE / comité de bâle / réglementation / risque de taux / Liquidité / faillite

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Silicon Valley Bank / Bercy / banques françaises / Banques européennes / BCE / comité de bâle / réglementation / risque de taux / Liquidité / faillite

krach Faillite de SVB : pas de contagion possible pour les banques françaises / Une hausse des taux d’intérêt plus pernicieuse ?

KRACH BANCAIRE. La faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) fait ressurgir le spectre d'une crise financière mondiale. Si Bercy tente aujourd’hui de rassurer le marché en expliquant que le système bancaire français est solide, les experts de leur côté écartent également toute idée de contagion vers les banques européennes. La raison ? La particularité de la SVB et surtout la réglementation européenne bancaire beaucoup plus stricte.
Silicon Valley Bank (©Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA)
Silicon Valley Bank (©Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA)

"Pas de risque de contagion", a assuré ce lundi matin le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, sur Franceinfo, revenant ainsi sur le vent de panique qui souffle sur les marchés et le secteur bancaire depuis la faillite vendredi dernier de la Silicon Valley Bank (SVB). "Nous suivons de très près la situation aux Etats-Unis mais il n’y a pas d’alerte spécifique sur le système bancaire français qui est solide", a-t-il déclaré.

 

Des banques françaises aux profils différents

 

"La situation des banques françaises, et plus largement européennes, est en effet aujourd’hui très différente de celle qui prévalait lors de la crise financière de 2008. À l’époque la plupart des banques mondiales étaient concernées par un risque de contagion car elles étaient exposées, via la titrisation et des produits dérivés, à la banque américaine Lehman Brothers, sa chute précipitant la crise financière mondiale. Avec SVB ce n’est pas le cas, les banques françaises n’ont pas de relation ou n’ont pas consenti de prêts à cette banque ", confirme Nicolas Darbo, associé chez Accurary, cabinet de conseil stratégique et financier. D’autant que le profil de SVB reste rare : "Il s’agit d’une banque de dépôts, SVB n’est pas une banque d’investissement comme Lehman Brothers. De plus, la banque américaine était sectorielle avec une clientèle très importante, constituée par des acteurs de la Tech. Il ne s’agit donc pas d’une banque universelle comme peuvent l’être Crédit Agricole ou BNP Paribas", constate Vincent Danton, avocat associé chez LPA-CGR dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Une réglementation stricte en Europe

 

Un cas de contagion d’autant plus faible que les banques européennes et donc françaises sont mieux protégées, grâce à la réglementation, sur le risque de taux d’intérêt dans leur portefeuille (impact négatif par une variation du taux d’intérêt qui impacte les bénéfices et les fonds propres des banques). "Depuis plusieurs années, la réglementation s’est renforcée sur le risque de taux avec le volet IRRBB (Interest Rate Risk Banking Book) qui encadre cette typologie de risque et ce que les banques sont autorisées à faire en matière de risque de taux. La Banque centrale européenne est notamment vigilante sur la durée de placement des dépôts à vue", rappelle Nicolas Darbo. Le risque de taux est suivi de beaucoup plus près en Europe qu’aux Etats-Unis. "Il est estimé à 3 % ou 4 % des fonds propres de l’ensemble du secteur bancaire européen, selon la Banque centrale européenne. Ce risque est beaucoup plus élevé aux Etats-Unis ", fait remarquer Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom Ai que nous avons pu interroger.

 

Le risque zéro n’existe pas

 

Toutefois, le risque zéro n’existe pas : "Dans un contexte de hausse des taux tel que celui que nous connaissons depuis un an, une partie des dépôts à vue des banques européennes (plusieurs centaines de milliards d’euros à l’échelle européenne) va potentiellement faire l’objet de réallocation par les épargnants dans les mois à venir. En effet, quand les déposants s’apercevront que les taux ont remonté et que leur épargne est rémunérée à taux zéro, ils préféreront sans doute opter pour un placement financier à des taux plus élevés", estime Nicolas Darbo. Dans ce contexte, les banques seraient donc obligées d’enlever progressivement leurs dépôts, ce qui modifierait potentiellement leurs équilibres et poser dans ce cas un éventuel problème de liquidité. "Les banques européennes et françaises sont solides et encadrées. Mais la hausse des taux peut naturellement créer des problématiques liées au risque de taux", poursuit-il.

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