Professions financières / eba / Autorité bancaire européenne / Banques / solvabilité
Professions financières
eba / Autorité bancaire européenne / Banques / solvabilité
Les banques européennes passent globalement le test de l’EBA
Face au test de résistance (ou stress test) d’une sévérité inédite mené par l’Autorité bancaire européenne (EBA) et dont les résultats ont été publiés le 30 juillet, les 50 banques de 15 pays de l’Union européenne (UE) et de l’Espace économique européen (EEE) ont démontré une relative solidité. Mais les établissements français se trouvent dans le ventre mou.
La particularité des tests menés cette année (initialement prévus pour 2020, ils avaient été décalés d’un an en raison de la crise sanitaire) est que les hypothèses retenues par l’EBA pour élaborer le scénario de crise le plus défavorable auquel les banques ont été soumises étaient beaucoup plus sévères que celles utilisées pour le stress test précédent de 2018. Rendues publiques fin janvier dernier, elles prévoient notamment des effets prolongés de la pandémie sur l’économie (avec une baisse cumulée de 3,6% du PIB de l’UE entre 2020 et 2023) et une faiblesse persistante des taux d’intérêt.
Logiquement, ce scénario, s’il se concrétisait, provoquerait une dégradation importante – 485 points de base (pb) – du ratio CET1 de fonds propres "durs" moyen de l’échantillon affiché en 2020 : il atteindrait ainsi 10,2% fin 2023. La dégradation provoquée par le scénario le plus défavorable atteignait 395 pb lors du test de 2018. "Les facteurs principaux de la diminution des fonds propres sont les pertes liées au risque de crédit pour 308 milliards d’euros, les pertes liées au risque de marché, pour 74 milliards d’euros, et les pertes liés aux risques opérationnels, pour 49 milliards d’euros. Le ratio CET1 serait également affecté par l’environnement économique léthargique" qui pèserait sur les revenus des banques, souligne l’EBA dans son communiqué.
Malgré tout, en soulignant que le ratio moyen de l’échantillon (qui représente 70% des actifs bancaires de l’UE et de l’EEE) resterait supérieur à 10%, soit assez nettement au-dessus des exigences réglementaires minimales, l’EBA se satisfait implicitement du résultat de son test. Une vision partagée par d’autres professionnels. "Dans un contexte exceptionnel puisque le test de cette année a été réalisé pendant une crise économique, ces résultats confirment notre analyse selon laquelle les 50 plus grandes banques européennes sont résistantes à une tension économique sévère", juge également Swen Metzler, l’un des vice-présidents de l’agence de notation Moody’s.
Dans ce tableau, les établissements français ne se distinguent pas particulièrement. Le plus solide, la Confédération nationale du Crédit Mutuel, afficherait un ratio de 13,4% (après un impact de 530 pb), La Banque Postale 11,2% (mais avec un ratio qui s’effondrerait de 916 pb), tandis que le groupe Crédit Agricole se situerait juste au-dessus de la moyenne, avec 10,6% (-634 pb) et le groupe BPCE (Banques Populaires et Caisse d’Epargne) pile à la moyenne (-580 pb). Mais BNP Paribas et la Société Générale figurent assez nettement en dessous, avec respectivement 8,2% (-440 pb) et 7,5% (-562 pb), tandis que HSBC Continental Europe (basé à Paris) verrait sa solvabilité fondre de 667 pb à 5,9%.
La disparité dont font preuve les banques françaises dans les tests se retrouve dans l’ensemble des résultats. L’EBA souligne en effet une importante disparité des situations en Europe. Les grands établissements allemands tombent sous la moyenne (Deutsche Bank à 7,4% et Commerzbank à 8,2%), tandis que les autres banques du nord de l’Europe sont plus solides, comme les suédoises SEB et Swedbank (17,4% et 15,3% respectivement), la norvégienne DNB Bank (17,1%), les polonaises Bank PKO et PKO Bank Polski (15,4% et 15,2%), les belges KBC et Belfius (14,1% et 13,7%), les néerlandaises ABN Amro et ING (13,5% et 11%), la finlandaise Nordea (13,4%) ou encore la danoise Danske Bank (11,3%). Le vénérable établissement italien Monte dei Paschi di Sienna confirmerait lui son statut de mauvais élève, avec un ratio négatif (-0,1%) après une dégradation de ses fonds propres réglementaires de 996 pb.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

