Banques / esma / Marchés financiers / eba / Inflation / Taux
Banques
esma / Marchés financiers / eba / Inflation / Taux
Taux : des banques européennes trop optimistes ?
Le cycle de normalisation de sa politique monétaire, que la Banque centrale européenne (BCE) a entamé il y a maintenant près d’un an dans un contexte d’inflation historique, n’effraie pas les banques, bien au contraire. Une grande majorité d’entre elles (87%) ayant répondu à l’enquête de l’Autorité bancaire européenne (EBA) du printemps 2022 s'attendent à un impact positif sur leur rentabilité.
L’effet pourrait ne pas être substantiel, avancent l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma), l’EBA et l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) dans un rapport conjoint.
"Les épisodes historiques de hausse des taux d'intérêt au niveau mondial, ainsi que la rentabilité des banques dans certains pays européens ayant connu un cycle antérieur de hausse des taux d'intérêt, indiquent que la marge nette d’intérêts pourrait ne pas s'améliorer sensiblement avec la hausse des taux d'intérêt", indique le rapport, qui cite l’exemple des années 70 stagflationnistes durant lesquelles la hausse des taux ne s’est pas accompagnée d’une appréciation de la marge nette d’intérêts.
Il faut dire que l’environnement de l’époque se rapproche de plus en plus de celui au sein duquel l’Europe évolue actuellement au travers de la crise énergétique et de la détérioration significative des perspectives de croissance. Si l’on couple cela à la hausse des taux, le risque d’un renversement de la tendance à long terme de la diminution des créances douteuses dans le secteur bancaire n’apparaît ainsi pas négligeable.
Par ailleurs, la hausse des taux pourrait également contribuer à des ajustements des valorisations des marchés immobiliers déjà élevées en Europe, "alors que les niveaux élevés d'exposition immobilière des banques de l'UE ont été identifiés comme un risque". D’autre part, "le resserrement monétaire pourrait également avoir un impact sur la croissance des prêts, lorsque, par exemple, le resserrement s'accompagne d'une baisse de la croissance du PIB, et pourrait donc affecter les revenus d'intérêts", estime le rapport.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

