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Stress tests : le scenario adverse de l'EBA

L'EBA a lancé ses tests de résistance vendredi dernier. Les banques ont eu un an de plus pour se préparer puisque l'autorité avait décidé de les reporter à 2021 en raison de l'épidémie. Selon le scenario adverse envisagé, le PIB européen reculerait de 3,6% d'ici 2023 en cumulé et entraînerait des dégâts conséquents sur les marchés boursiers notamment.
EBA - logo
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L'Autorité bancaire européenne (EBA) a dévoilé vendredi soir ses différents scénarios de stress tests, auxquels les grandes institutions financières de l'UE seront soumises et dont les résultats seront révélés dans six mois. Effectués tous les deux ans, cet exercice, destiné à tester la capacité de résistances des banques en cas de situation adverse, avait été reporté d'un an en raison de l'irruption de la crise sanitaire. Ces tests seront conduits auprès d'un échantillon de 50 banques de 38 pays, représentant environ 70% des actifs du secteur bancaire européen.

Toute la difficulté pour l'EBA cette année était de savoir comment prendre en compte dans ses différents scénarios les conséquences de la crise sanitaire de 2020. Pour ce faire, l'EBA a fait le choix d'un scénario adverse très sévère "afin de tenir compte de la récession économique de 2020 liée à la pandémie", précisant que le point de départ de 2021 est par conséquent nettement plus dégradé que lors des précédents exercices. Selon ce scénario adverse donc, la poursuite de l'épidémie et ses conséquences économiques auront un impact très négatif sur la confiance et entraîneront une contraction prolongée de l'activité. La propagation de nouveaux variants du virus, potentiellement résistants aux vaccins, et de nouvelles périodes de confinement causeraient notamment ce ralentissement prolongé de l'économie. Selon l'EBA, un tel cas de figure entraînerait une hausse des comportements protectionnistes des Etats et un recul des échanges mondiaux. Tout comme dans la situation actuelle, certains secteurs seraient plus fortement affectés que d'autres, dont celui des voyages, le transport aérien, l'hébergement, les services, l'alimentation, le cinéma et les médias et ceux qui connaissent de fortes réductions de leur capacité d'approvisionnement (par exemple, les secteurs engagés dans la fabrication à forte intensité de main-d'œuvre, tels que le textile et l'habillement, ou ceux qui dépendent fortement des chaînes de valeur mondiales, comme l'automobile).

Ce ralentissement pèserait aussi sur les bénéfices des entreprises et entraînerait une forte hausse des faillites. Les préoccupations croissantes concernant la viabilité de la dette des entreprises entraîneraient aussi un élargissement des écarts de crédit des entreprises et un resserrement des normes de crédit, limitant l'accès des entreprises au financement de leurs investissements et de leurs opérations. Enfin, du côté des marchés, la baisse des bénéfices des entreprises amènerait les investisseurs à réévaluer la valorisation de leurs actifs, et conduirait de fait un ajustement brutal des bourses mondiales. Enfin, d'importants mouvements de fuite des capitaux des pays émergents contribueraient à propager la crise économique au niveau mondial.

En termes de chiffrage, l'EBA anticipe dans ce scénario adverse un recul du PIB européen de 3,6% d'ici 2023 en cumulé tandis que le taux de chômage progresserait de 4,7% sur la même période, les prix de l'immobilier baisseraient de 16,1% tandis que ceux de l'immobilier commercial diminueraient de 31,2%. Le cours des actions dans les pays développés baisserait de 50% et 65% dans les pays émergents la première année.

L'autre scénario, retenu et figurant comme le plus probable est celui présenté par la BCE dans ses projections macroéconomiques de décembre 2020, soit une croissance de 3,9 % en 2021, de 4,2 % en 2022 et 2,1 % en 2023, et une inflation de 1,0 % en 2021, 1,1 % en 2022 et 1,4 % en 2023.

Quel que soit le cas de figure qui arrivera, l'EBA a appelé les banques à "être proactives en identifiant et en provisionnant les prêts non performants". "La reconnaissance des pertes à un stade précoce sera essentielle pour maintenir la transparence des bilans des banques et éviter les effets de cliff edge, ce qui contribuera à la reprise en soutenant le crédit au secteur privé non financier", a rassuré l'EBA. Un message identique à celui délivré par l'organe de supervision de la BCE la semaine dernière, lors de la présentation des  résultats de son processus de contrôle et d’évaluation prudentiels 2020 (Supervisory Review and Evaluation Process, SREP), effectué tous les ans. La BCE a ainsi estimé que "la capacité de résistance des banques était avérée", notamment parce qu'elles "avaient commencé l’année 2020 avec des niveaux de fonds propres considérablement plus élevés et une bien meilleure capacité de résistance à une détérioration de la situation économique que lors de la Grande crise financière". La BCE a cependant alerté sur le risque de hausse des prêts non performants, indiquant que "l'examen du risque de crédit resterait une priorité à l'approche de la nouvelle année". 

 

 

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