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Louis-Dreyfus : qui veut être mon investisseur ?
Margarita Louis-Dreyfus n’y est pas allée par quatre chemins pour annoncer vouloir vendre des parts de son groupe Louis-Dreyfus. Elle l’a annoncé à Reuters jeudi en fin de journée, indiquant : "c'est la première fois dans nos près de 170 années d'existence que nous sommes prêts à ouvrir notre capital à un actionnaire extérieur". Elle a ainsi évoqué un partenariat avec des acteurs régionaux dans les pays où il souhaite se développer, comme en Chine, tout en expliquant ne pas être sous pression et qu’une telle décision dépendrait de la qualité des offres en question.
En réalité, la veuve de Robert-Louis Dreyfus est sous une certaine pression financière. Après la mort de son mari en 2009, elle a été obligée selon les termes de l’accord signé par ce dernier de racheter les parts des membres de la famille qui souhaitaient vendre. Or, les relations se sont rapidement dégradées avec ces derniers et fin 2018, elle a décidé de racheter les 16,6% restants dans la famille, via le trust qu’elle détient avec ses trois enfants, Akira. Une transaction qui lui a coûté cher puisqu’elle a dû emprunter 1,03 milliard de dollars auprès de Crédit Suisse, et a garanti cet emprunt avec ses propres titres Louis-Dreyfus.
Pour la femme d’affaires, l’objectif est donc de trouver un actionnaire minoritaire qui rachète une partie de ses 93% dans le groupe de façon à ce qu’elle puisse se refinancer. Un partenaire qui lui laisse le pouvoir plutôt que de risquer de devoir donner les clés à Crédit Suisse, en somme. Or, le dossier est délicat car le groupe Louis-Dreyfus a subi les difficultés du négoce de matières premières : son résultat net a chuté de près de 20 % au premier semestre 2019, à 71 millions de dollars, en raison de l’excédent structurel d’offre sur nombre de ses marchés agricoles. Mais aussi des facteurs temporaires comme les tensions géopolitiques entre États-Unis et Chine qui ont impacté le marché du soja, ou encore de la fièvre porcine qui a conduit à une baisse conséquente de la demande pour leur alimentation, les céréales.
Lors de ces résultats semestriels en octobre dernier, le CEO Ian Mc Intosh avait néanmoins indiqué qu’il espérait un retour à la rentabilité en 2020. Et le groupe s’en donne les moyens : il s’est recentré sur ses métiers en croissance et est sorti du trading de produits laitiers et de métaux, et a lancé un grand programme de réductions de coûts, mais aussi des suppressions d’emplois. Dans un environnement aussi difficile, la consolidation semble être inéluctable, comme en témoigne la tentative d’approche de Glencore sur Bunge en 2017. Concernant Louis-Dreyfus, le chinois COFCO qui est en plein essor à l’international pourrait être un candidat naturel. La porte est en tout cas grande ouverte avec ces déclarations publiques.
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