WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / Orange / stéphane richard / 5g / télécoms / journée investisseurs

Evenements
Orange / stéphane richard / 5g / télécoms / journée investisseurs

Pourquoi la journée investisseurs d'Orange a tourné au fiasco

Il n'y a pas uniquement les actionnaires qui comptent. Pour satisfaire l'opinion, il faudra désormais faire du capitalisme participatif, ce que Stéphane Richard a bien compris. Mais cela n'a pas l'air de séduire les investisseurs qui se sont détournés du titre. 
Stéphane Richard - Orange
Stéphane Richard - Orange

Stakeholder capitalisme, raison d'être et leadership participatif. Voilà les nouveaux termes à la mode lorsque l'on parle entreprise. Loin le temps où la seule rémunération des actionnaires comptait. Désormais, les entreprises doivent s'engager envers toutes les parties prenantes, y compris les clients, les employés, les fournisseurs, les communautés et l'environnement, comme l'a prouvé le changement de cap pris en août dernier par les directeurs généraux américains des plus grandes sociétés américaines qui ont mis, ensemble, à jour la déclaration de longue date concernant l'objet des sociétés.

À l’instar de Suez qui a dévoilé son nouveau plan tendance en début de semaine, c'était au tour hier de Stéphane Richard chez Orange de prendre le pli, donnant l'impression d'avoir absorbé certaines des valeurs reflétées dans la critique moderne. Au printemps dernier, le PDG de l'opérateur télécom avait déjà annoncé qu'il était en marche pour définir la raison d'être d'Orange, comme la loi PACTE en a offert la possibilité. Après une consultation massive de tous les salariés lancée sur l'application permise à cet effet Toguna, une rencontre de think tanks et un engagement certain pris par la direction pendant des mois, ça y est, Orange a trouvé son sens. 

Ainsi, lors d'une journée investisseurs hier, l'ex France-Telecom a largement dépassé la traditionnelle présentation de perspectives financières à moyen terme. Certes, les objectifs financiers étaient présents. Orange vise une croissance annuelle de l’EBITDAaL comprise entre 2% et 3% par an en moyenne sur la période 2021-2023 et un cash-flow organique des activités télécoms en croissance entre 2020 et 2023 avec une cible comprise entre 3,5 et 4 milliards d’euros en 2023 (contre plus de 2 milliards d’euros en 2019). Le groupe de télécoms table également sur un ratio dette nette/EBITDAaL des activités télécoms autour de 2x à moyen terme. Mais, le plus regardé a bien été l'autre partie d'Engage2025, du nom du nouveau plan stratégique.

La raison d'être d'Orange s'est présentée sous la forme d'un texte court accompagné d'une charte, comme une sorte de profession de foi plus explicative des engagements sociaux et environnementaux que le groupe entend désormais suivre. Dans un futur proche, il y aura une meilleure couverture numérique des territoires, des offres spécialisées pour les faibles revenus avec des smartphones plus abordables. Orange vise la neutralité carbone d'ici 20 ans, ce qui passera par un recours accru aux énergies renouvelables. Sur le plan financier maintenant, Orange veut faire croître son cœur de métier, la connectivité et stimuler la croissance grâce à trois leviers, à savoir l'Afrique Moyen-Orient, les services IT B2B, et les services financiers. Orange Bank, fort de ses 500.000 clients conquis après 2 ans d’existence, sera lancée d’ici à 2025 dans tous les pays européens où le Groupe est présent. Des services bancaires, comme le microcrédit, seront également lancés en Afrique Moyen-Orient dès 2020 afin d’étendre la gamme de services déjà proposés par Orange Money.

Malgré cela, les investisseurs ont été particulièrement déçus hier puisque l'action a mal réagi. Dans la matinée hier, le titre perdait plus de 4% avant de se reprendre légèrement en milieu d'après-midi. Peut-être attendaient-ils l'annonce d'un mariage avec Deutsche Telekom, confirmant ainsi les rumeurs qui courent depuis certains jours pour créer un géant européen des télécoms. Peut-être attendaient-ils des trajectoires d'investissement davantage définies. Peut-être attendaient-ils, dans l'autre fiasco de la 5G, la cession de certaines infrastructures coûteuses à des sociétés spécialisées. Peut-être que la vision sociale d'Engage2025 a inquiété les porteurs de part sur la rentabilité du Groupe à moyen terme, malgré une stratégie de croissance pour le moins soutenable.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article