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Evenements / Goldman Sachs / journée investisseurs / David Solomon

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Goldman Sachs / journée investisseurs / David Solomon

« Un » seul Goldman Sachs, mais plusieurs visages

Lors de sa première journée investisseurs, la banque dirigée par David Solomon a fixé un objectif de rentabilité de 13%, tout en promettant de privilégier une vision à long terme, mais aussi de développer une banque de détail moins profitable. Des ambitions irréconciliables ?
Goldman Sachs (Crédits : DR)
Goldman Sachs (Crédits : DR)

La journée du mercredi 29 janvier 2020 était historique pour Goldman Sachs. Longtemps critiquée pour son opacité, la banque américaine a pour la première fois organisé une journée investisseurs, dans laquelle elle a détaillé ses valeurs, sa vision mais aussi des objectifs chiffrés. Un exercice de transparence voulu par le CEO en place depuis un peu plus d’un an, David Solomon, et destiné à rompre avec sa réputation passée de traders sans foi ni loi, obnubilés par l’argent. Le mot d’ordre était "un Goldman Sachs, une plateforme", et le groupe a ainsi présenté les valeurs de la banque (partenariat, service du client, intégrité et excellence), et son évolution pour être plus "transparent, ouvert, dynamique et long-termiste".

De belles ambitions, mais la banque a aussi promis dès le départ d’atteindre des objectifs de rentabilité assez agressifs, soit un rendement sur fonds propres (ROE) de 13% d’ici trois ans, alors qu’il n’était que de 10% à fin 2019, et un rendement sur capitaux investis (ROTE) de 14%, contre 10,6%. Elle s’est également prêtée à l’exercice de la comparaison avec ses pairs sur la rentabilité de sa banque corporate et d’investissement : son taux de rentabilité n’est que de 9,6%, soit moins bien que Citi (10,6%) ou JP Morgan (11,6%), notamment en raison des provisions pour le litige 1MDB. Elle aussi fixé des objectifs déjà atteints, soit un ratio d’efficience (les dépenses ramenées à son produit net bancaire) de 60% (68,1% à fin 2019) et un ratio Common Tier One de 13 à 13,5% d’ici trois ans (13,7% à fin décembre) d’ici à trois ans.

Mais les objectifs de rentabilité risquent d’être mis à mal par la volonté de Goldman Sachs de développer sa banque de retail, qui est à l’heure actuelle très gourmande en capitaux sans afficher des performances reluisantes. Pour rappel, la banque s’est lancée sur ce segment en 2016 avec la banque en ligne Marcus et a déjà amassé près de 60 milliards de dollars de dépôts et 7 milliards de prêts. Et a lancé une carte de crédit en partenariat avec Apple. La banque de particuliers a certes progressé de 41% l’an passé mais elle ne représente encore que 3% des revenus de l’ensemble de la "plateforme" Goldman Sachs. Surtout, la banque y a investi quelque 1,3 milliard de dollars alors qu’elle n’affiche encore qu’un taux de rendement de 3 %, bien loin de l’objectif annoncé ce mercredi.

Tout le défi de Goldman Sachs va donc être de réussir à mettre en œuvre cette diversification, qu’elle entreprend avec retard par rapport à JP Morgan par exemple, sans compromettre ses performances financières aux yeux de ses investisseurs. D’autant que la banque veut aussi montrer l’exemple sur la politique ESG, comme lorsqu’elle a annoncé ne plus conseiller des candidats à l’IPO avec des boards exclusivement masculins. Le mois dernier, elle a aussi annoncé des plans pour allouer 750 milliards de dollars dans des initiatives visant à réduire la consommation d’énergie fossile, promouvoir l’agriculture responsable et aude l’environnement et aux populations désaffectées. Pour l’instant, le marché reste sceptique, le titre ayant clôturé en baisse de 1% après cette grand-messe.  

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