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Orange / Christel Heydemann / Ramon Fernandez

Orange entre dans son cercle vertueux du cash-flow / Le dividende va s’accroître également

Orange a pleinement rempli ses objectifs financiers pour 2022. Comme espéré, l’exercice écoulé a marqué le début d’un cercle vertueux de forte croissance du cash-flow libre de l’opérateur historique de télécommunication. Une situation dont les actionnaires ne seront pas tenus à l’écart grâce à la hausse annoncée du dividende.
Christel Heydemann, directrice générale d'Orange - Eric TSCHAEN/REA
Christel Heydemann, directrice générale d'Orange - Eric TSCHAEN/REA

Un carton plein, nonobstant l’inflation. Avant même d’expliquer le nouveau plan stratégique de l’entreprise, Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, n’avait que des bonnes nouvelles à annoncer au Bridge, le siège social du groupe, pour sa première présentation de résultats annuels depuis son arrivée en avril dernier. En particulier, l’excédent brut d’exploitation après loyers ou "Ebitdaal", le principal indicateur de la rentabilité de l’opérateur historique de télécommunication, a rempli sa mission : il a progressé de 2,5 % sur un an sur une base comparable, à 12,96 milliards d’euros, exactement comme anticipé par le consensus des analystes. Orange s’était donné comme objectif une hausse comprise entre 2,5 % à 3 % en données comparables.

Tout s’est joué au quatrième trimestre. Alors que la croissance de cet indicateur clé avait fait du quasi surplace sur les neuf premiers mois, l’Ebitdaal a bondi de 8,5 % au dernier trimestre de l’année dernière. Ce faisant, "nous avons atteint nos prévisions de l’exercice financier malgré un contexte inflationniste, et ceci grâce à l’augmentation des prix que nous avons pu répercuter dans tous nos pays européens, à notre discipline et notre maîtrise des coûts et des dépenses d’investissement et au ralentissement des déploiements de la fibre", a expliqué Christel Heydemann.

 

1 milliard d’économies de coûts

 

Bien sûr, l’effet de base du plan d’actionnariat salarié de fin 2021 a représenté une large part de la hausse (5,6 %). Ce plan avait pesé sur l’Ebitdaal du quatrième trimestre 2021. Mais la progression atteint tout de même 2,9 % hors cet effet, en grande partie grâce aux économies de coûts. "Notre programme d’efficacité opérationnelle ‘Scale up’nous a permis de remplir notre objectif", a ainsi souligné Ramon Fernandez, le directeur général adjoint et responsable des finances d’Orange, qui présentait lui ses derniers résultats alors qu’il rejoindra bientôt CMA CGM.

Ce programme "Scale up", lancé en 2020 avait pour objectif de réaliser des économies nettes d’un milliard d’euros à l’horizon 2023 sur un périmètre délimité de 13,8 milliards d’euros de coûts indirects en 2019. Alors que l’objectif du programme était initialement d’atteindre 600 millions d’euros d’économies nettes à la fin 2022, toujours par rapport à 2019, "nous avons dépassé cet objectif en parvenant à obtenir des économies nettes de 700 millions d’euros", a-t-il souligné. Mieux, hors coûts additionnels de 300 millions d’euros liés à l’inflation, "nous avons atteint un milliard d’euros d’économies cumulées comparé à 2019 et sommes donc en avance par rapport à notre objectif 2023", a fait valoir Ramon Fernandez. Des économies qui, outre l’évolution des effectifs liée à l’attrition naturelle, résultent de la politique salariale stricte du groupe et de ses efforts continus d’optimisation et de rationalisation, principalement dans les activités du siège et les fonctions support.

D’autre part, la zone Afrique & Moyen Orient est totalement revenue dans la course comme moteur de croissance. Sur l’ensemble de l’année, l’Ebitdaal de la zone a enregistré une croissance à deux chiffres de 11,3 %. En particulier, l’activité de paiement mobile Orange Money, qui s’était fait tailler des croupières par la start-up américaine Wave, arrivée en 2021 sur le continent africain, a pleinement capitalisé sur son plan de riposte : son chiffre d’affaires a renoué avec la croissance au quatrième trimestre. Dans le même temps, en Europe, outre le retour confirmé de la croissance de l’Espagne, le groupe s’est appuyé sur des augmentations de prix progressivement introduites tout au long de l’année pour limiter les effets de l’inflation.

 

Les dépenses d’investissement désormais appelées à décroître

 

Tandis que l’Ebitdaal s’accroît, les dépenses d’investissement ont bien atteint leur point d’inflexion, reculant de 0,7 % l’an dernier. "2022 est confirmé comme le point de départ de la diminution de nos dépenses d’investissement", a souligné Ramon Fernandez. De fait, les dépenses d’investissements de l’entreprise sont désormais appelées diminuer alors que la France est largement couverte par la fibre contrairement à ses voisins. Ce qui va profiter à la génération de trésorerie disponible dans les années à venir. Pour les analystes du cabinet AlphaValue, le groupe vient tout simplement d'"entrer dans un cercle vertueux de croissance vigoureuse de son cash-flow libre". Un cash-flow qui a bondi de 27,4 % l’an dernier à 3,1 milliards d’euros, en ligne avec l’objectif d’au moins 2,9 milliards d’euros, et qui est anticipé à au moins 3,5 milliards d’euros en 2023.

Une autre annonce n’est pas passée inaperçue. Orange prévoit d’augmenter son dividende à 72 centimes d’euro pour 2023, et à 75 centimes d’euro pour 2024. "Une très bonne nouvelle dans la mesure où, il y a seulement trois mois, le groupe avait anéanti les espoirs d’une augmentation du dividende en 2022, malgré la forte hausse prévue du cash-flow", souligne AlphaValue. De quoi justifier en partie la réaction très positive de la Bourse : l’action Orange gagnait 6 % jeudi, à 10,6 euros, en tête du CAC 40.

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