De grands patrons aux cotés des Saoudiens... au mauvais moment
C’est le genre de publicité dont auraient aimé se passer les principaux intéressés, à savoir de grandes figures de la Silicon Valley et une ex-haute responsable européenne. Mardi, le média saoudien Argaam a publié la liste des 18 personnalités qui devraient composer le comité consultatif de Neom, le projet de méga-ville qu’ambitionne de réaliser le Royaume dans le nord-ouest du pays, pour une enveloppe de 500 milliards de dollars.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Prince Mohammed ben-Salman s’est adjoint les compétences de grands noms occidentaux. Dans ce conseil figure ainsi côté européen Neelie Kroes, l’ancienne vice-présidente néerlandaise de la Commission européenne, mais aussi Alexandra Cousteau, la petite-fille de Jacques-Yves Cousteau et militante écologiste. Peter Vober, chairman du suisse ABB, est également cité. Tout comme l’emblématique patron de Softbank, le japonais Masayoshi Son, qui est toujours aussi actif dans la tech puisqu’il pourrait investir 15 à 20 milliards de dollars pour prendre une part majoritaire dans WeWork, selon les dernières rumeurs.
D’autres grandes figures américaines, en particulier de la Silicon Valley, sont citées : Travis Kalanick, l’ex-patron d’Uber et désormais CEO de City Storage Systems, mais aussi Marc Andreessen, l’un des plus célèbres investisseurs de la côte Ouest chez Andreessen Horowitz. Ou encore Sam Altman, le confondateur de Y Combinator et co-chairman de Open AI, gourou de la tech américaine. Parmi les industries traditionnelles, on retrouve Andrew Liveris, ancien chairman et CEO du chimiste Dow Chemical. En revanche, le nom du patron du design chez Apple, Jony Ive, a finalement été retiré de la liste après que les journalistes ont contacté le groupe, plaidant une erreur.
Le projet Neom imaginé par le Prince saoudien est titanesque, et consiste à créer une ville artificielle de 26 500 mètres carrés – soit 33 fois la taille de New York – qui sera exclusivement autonome en énergie verte et reliera le pays à la Jordanie et l’Egypte, mais fonctionnera aussi grâce à l’intelligence artificielle et des robots. L’objectif est de rendre le pays moins dépendant au pétrole, et Klaus Kleinfeld, ancien dirigeant d’Alcoa et Siemens, a pris la tête de ce méga projet, qui pourrait coûter 500 milliards de dollars. Il devrait notamment être financé par l’IPO de Saudi Aramco, le producteur pétrolier du pays, qui a été décalée mais qui aura lieu d’ici 2021 selon le Prince héritier. La première partie de ce chantier tentaculaire est prévue pour 2025.
Reste que ces nominations interviennent au pire moment, alors que le Royaume est vivement critiqué pour sa mainmise autoritaire. Pour preuve, la disparition de Jamal Khashoggi, un dissident du pays qui a été vu pour la dernière fois la semaine dernière, lorsqu’il entrait dans un consulat en Turquie. Selon plusieurs médias, il aurait été abattu par 15 agents saoudiens et évacué discrètement.
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