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Politique économique / Arabie saoudite / Tesla / Fonds souverain

Politique économique
Arabie saoudite / Tesla / Fonds souverain

Comment l’Arabie saoudite va-t-elle financer ses grandes ambitions?

Le Royaume vient d’allouer 2 milliards de dollars pour entrer au capital de Tesla. Mais après avoir reporté une nouvelle fois l’IPO de Saudi Aramco, il fait face à de sérieux problèmes de liquidité, alors qu’il souhaite financer les nouvelles pépites de la Silicon Valley.
puits de pétrole
puits de pétrole

L’Arabie saoudite sera-t-elle le prochain actionnaire majeur de Tesla ? Le fonds souverain du pays, Public Investment Fund (PIF), vient de débourser 2 milliards de dollars pour obtenir entre 3 et 5% du capital du constructeur de voitures électriques. Et cela, quelques jours à peine avant qu’Elon Musk n’annonce par tweet vouloir sortir le groupe de la cote à 420 dollars par titre. Le sulfureux dirigeant n’a pas précisé comment il comptait financer cette opération gigantesque, ni si le fonds saoudien comptait y participer. Mais un tel engagement suppose une surface financière immense de la part de l’investisseur public, à un moment particulièrement charnière de son histoire.

Car comme l’a rappelé le Financial Times, le Royaume saoudien a beaucoup changé depuis l’accession du Prince Mohammed ben-Salman au trône. A l’instar du Japonais Softbank, il a pris part à nombre de tours de table des plus illustres licornes américaines comme Uber, et s’est engagé à abonder au moins 20 milliards de dollars au fonds d’infrastructure de Blackstone, et même 45 milliards de dollars sur cinq ans au fonds Vision Fund de Softbank. Et le Prince héritier a de grandes ambitions pour son pays, puisqu’il s’est engagé à faire passer le PIF de 250 à 400 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Mais cet agenda est aujourd’hui compliqué par le nouveau report de l’IPO de Saudi Aramco, le groupe pétrolier du pays qui était censé lui rapporter au moins 100 milliards de dollars. L’opération, attendue de pied ferme par toutes les grandes banques mondiales et hautement politique, a finalement été reportée et pourrait ne jamais voir le jour. D’où l’importance de trouver d’autres sources de cash, ce qui est compliqué par ses tensions diplomatiques actuelles avec le Canada par exemple. D'où des projets en interne : la justice saoudienne a ainsi ordonné à Saudi Aramco de racheter les 70% du groupe pétrochimique Sabic, ce qui pourrait rapporter 70 milliards de dollars au fonds du pays.

Autre piste : selon le FT, le PIF serait aussi en train d’étudier un prêt de 6 à 8 milliards de dollars auprès de différentes institutions financières. Cela serait une première historique pour le fonds saoudien, et fait grincer des dents ceux qui sont réticents à cette méthode de financement pour le fonds. Mais ce dernier a dû apprendre à gérer une baisse prolongée des prix du pétrole, qui ont réduit à peau de chagrin ses réserves de cash. Ce recours à la dette a pourtant été utilisé à très bon escient par son voisin mais aussi concurrent de toujours, Dubaï, et pourrait inciter le Royaume saoudien à lui aussi profiter des largesses de financement actuelles, faute de tirer parti de la valeur de ses réserves d'or noir à court terme.

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