La SEC va-t-elle avoir la tête d'Elon Musk?
Pour Elon Musk, qui expliquait dans une interview confidence du New York Times à la mi-août que cette année était "la plus difficile et douloureuse de (sa) carrière", passer ses nuits dans son usine Tesla ne va semble-t-il pas lui faire retrouver le sommeil. Jeudi, la SEC, le gendarme boursier américain, a annoncé qu'elle portait plainte contre le fondateur et CEO du constructeur de voitures électriques pour fraude, après ses tweets annonçant la privation du groupe à 420 dollars par titre. L'institution a jugé que le sulfureux dirigeant avait fait des déclarations "fausses et trompeuses" au marché et aux actionnaires du groupe, et n'a pas notifié le régulateur d'événements importants concernant la société, en l'occurrence un projet de sortie de cote.
Il est en particulier reproché à Elon Musk son tweet annonçant un "financement sécurisé", alors même que le groupe n'était qu'en discussions préliminaires avec de possibles acheteurs, entre autres le fonds souverain saoudien, et n'avait pas trouvé d'accord sur le prix. Par ailleurs, il n'avait pas encore mandaté de conseil financier ou juridique pour l'accompagner sur cette très ambitieuse opération. Dans une série de tweets, il avait ensuite promis aux actionnaires actuels du groupe qu'il ferait en sorte de leur permettre de rester impliqué dans une société privée, ce qu'il n'a en réalité pas réussi à proposer. Pour toutes ces raisons, la SEC souhaite même lui interdire de siéger comme dirigeant ou administrateur d'une société cotée s'il était retenu coupable de fraude.
La SEC a tenu une brève conférence de presse dans laquelle elle s'est montrée ferme sur son intention d'assurer un respect de la réglementation boursière, même pour une star ou un fondateur tech réputé de la Silicon Valley. Le marché n'a pas tardé à réagir, et le titre a reculé de plus de 11% après-Bourse, dans la foulée de cette annonce. La responsabilité revient maintenant au board de savoir ce qu'il advient du dirigeant pendant le cours de cette affaire judiciaire. Sur CNBC, Gene Munster, fondateur de Loup Ventures, n'a estimé qu'à 20% les chances qu'il puisse rester CEO après cette annonce, même s'il n'existe pas vraiment de candidat pour le remplacer. L'intéressé a quant à lui réagi en se disant "profondément attristé et déçu" par cette décision "inappropriée", expliquant agir toujours dans l'intérêt de "la vérité, de la transparence et des investisseurs".
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