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Elon Musk ou le piège des réseaux sociaux
Fin juillet, l’addiction d’Elon Musk à Twitter faisait l’objet d’une étude graphique du Wall Street Journal, relatant sa manière d’évoquer des sujets aussi divers que le service clients de Tesla, des sondages sur de futures innovations ou même son quotidien d’entrepreneur. Mais aujourd’hui, le patron du groupe de voitures électriques a créé le malaise avec un tweet de trop, celui où il a indiqué vouloir racheter Tesla à 420 dollars par action et avoir « sécurisé le financement ». Cet homme toujours pressé a semble-t-il tweeté un peu trop vite et s’est placé en situation très délicate auprès de son board, certains membres ignorant ce projet, mais aussi de la SEC, qui a déjà demandé des précisions et pourrait le sanctionner pour manipulation de cours si cet aspect du financement s’avérait faux.
Comme il est d’usage dans ce type de situation, le board a donc nommé un comité indépendant pour étudier cette option et Elon Musk a annoncé avoir choisi Goldman Sachs et Silver Lake comme conseils financiers… à nouveau par tweet. Mais ce n’est pas tout : lundi, il a également publié un article de blog dans lequel il explique avoir rencontré le fonds saoudien fin juillet et croire qu’un deal pouvait être bouclé avec eux. Et a estimé que deux tiers des actionnaires de Tesla pourraient suivre la société hors de la cote. Le dirigeant n’aurait-il donc pas appris de son erreur ? Car plutôt que de le dédouaner, cette nouvelle déclaration pose de nouvelles questions au gendarme des marchés financiers. Qui devra déterminer si Elon Musk pouvait raisonnablement croire au moment de son premier tweet que le fonds saoudien voulait et avait les moyens de privatiser Tesla.
La question de savoir ce que les patrons peuvent révéler sur les réseaux sociaux a été résolue par la règle Reed Hastings, du nom du cofondateur de Netflix, lorsque la SEC a jugé qu’il avait le droit de publier que son service avait atteint 1 milliard de vues. Mais le devraient-ils pour autant ? Elon Musk voulait être totalement transparent avec l’ensemble de ses actionnaires, comme il l’explique dans son post, mais a semble-t-il fait ici une erreur de jugement qui pourrait lui causer des ennuis avec les autorités de marché, mais aussi ses investisseurs car plusieurs ont déjà porté plainte pour fraude, après les fortes variations du titre comme de sa dette sur les marchés.
Elon Musk a été habitué à donner des avis totalement personnels sur Twitter, comme lorsqu’il a par exemple jugé que Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait une « compréhension limitée » de l’intelligence artificielle ou quand il s’est insurgé contre « l’hypocrisie » des grands médias ou contre les investisseurs shorts sur Tesla. « Ne prenez pas mes tweets trop au sérieux. D’ailleurs, cela s’appelle un gazouillement », avait-il écrit mi-juin. Mais le régulateur comme les marchés ne sont pas vraiment d’accord avec lui.
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