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Elon Musk, patron mais aussi gourou

Le board de Tesla a indiqué qu’il allait rencontrer des conseils pour étudier un LBO. Elon Musk risque gros auprès de la SEC s’il ne parvient pas à financer cette opération à près de 70 milliards de dollars, mais il peut compter sur un noyau de fans prêts à le suivre pour une nouvelle aventure.
Elon Musk
Elon Musk

Ces derniers mois, Elon Musk avait reconnu dormir sur le sol de l’usine Tesla pour résoudre les problèmes et atteindre les objectifs de production du Model 3. Qu’en sera-t-il pour ce nouveau challenge d’une autre ampleur ? Les sceptiques sont encore très nombreux, trois jours après que le patron du constructeur de voitures électriques a indiqué via un tweet qu’il étudiait une sortie de cote pour son groupe à 420 dollars, et a précisé « financement sécurisé ». Une sortie qui a placé le board dans l’embarras, car ce dernier n’a communiqué que le jour suivant, en indiquant avoir eu vent de ce projet la semaine précédente, et avoir prévu des rencontres avec des conseils la semaine prochaine. Selon CNBC, le conseil compte créer un comité en interne, mais aussi demander à Elon Musk de se récuser de ce process et de nommer ses propres conseils, comme Michael Dell l’avait fait pour son propre LBO en 2012.

Aucune information donc à ce stade, sur le financement d’une opération aussi gigantesque. Si bien que la SEC a déjà réagi et demandé des précisions, restées sans réponse pour l’instant. Selon une note de Barclays, l’opération représenterait 60 milliards de dollars d’equity et 10 milliards de dette. Soit le plus gros LBO jamais envisagé, qui sera bien difficile à monter d’autant que Tesla brûle encore beaucoup d’argent. Le fonds souverain saoudien, Public Investment Fund, vient de s’engager à prendre entre 3 et 5% du capital, mais fait face à ses propres problèmes de financement, alors que l’IPO de Saudi Aramco est actuellement à l’arrêt. Selon Forbes, cet argent pourrait venir de la Chine, qui a des moyens et envisage de produire 1 million de voitures électriques cette année, soit la moitié de la production mondiale. Et qui fait valoir que Tencent, le leader de l’Internet chinois, a pris 5% de Tesla en 2016.

Mais le pari d’Elon Musk est qu’il n’aura pas à rassembler une telle somme, car la majorité de ses actionnaires acceptera de rester et poursuivre l’aventure dans le privé. De ce point de vue, ce leader charismatique propose une alternative très nouvelle, non pas de faire appel à des fonds de private equity ou des institutionnels pour reprendre personnellement la main, mais de garder la confiance de ses actionnaires et salariés actuels pour sortir de la Bourse, et ne plus pâtir de la volatilité du titre ou de publications trimestrielles fastidieuses. 

Les esprits critiques objecteront que le dirigeant est celui même qui fait bondir et flancher le titre avec ses tweets et ses sorties impétueuses, le dernier en date lorsqu'il a refusé de répondre aux questions "ennuyeuses" d'un analyste lors de ses résultats. Mais aussi que les marchés ont jusqu’à présent été particulièrement généreux avec Tesla en termes de multiples, alors que ses cash flows sont affectés par des investissements massifs – même si le patron estime pouvoir franchir le point mort d’ici la fin de l’année. Elon Musk fait sans aucun doute figure de gourou capable de vendre un nouveau modèle de société, et être suivi par une foule de fans prêts à le financer dans cette nouvelle aventure. Mais si cela n’est pas suffisant, ces deux mots tweetés pourraient lui coûter cher auprès de la SEC.

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