Le leader mondial de la publicité a trouvé son patron
Mi-avril dernier, le mouvement #MeToo faisait une nouvelle victime dans le monde du business : Martin Sorrell, le CEO et fondateur de WPP en place depuis 33 ans, accusé de « comportement inapproprié ». S’il avait nié ces allégations, il avait démissionné de la plus grosse agence de publicité mondiale brusquement, laissant au chairman Robert Quarta et au COO Mark Read l’intérim de cette fonction, en attendant la nomination du profil idoine. Et il semblerait qu’il ait convaincu le board qu’il était la bonne personne pour le poste : le groupe vient d'annoncer sa nomination comme CEO.
Il s’agit d’une Révolution en douceur pour WPP qui, sous la houlette de Martin Sorrell, s’est transformé en un mastodonte mondial de la publicité, qui pèse 21 milliards de dollars en Bourse et emploie plus de 220.000 collaborateurs à travers le monde. Mais ce dernier a eu du mal lors de sa dernière année de mandat à être force d’innovation et a subi l’exode de plusieurs grands clients, notamment en raison de la concurrence de nouveaux modèles d’agences mais aussi et surtout la publicité digitale proposée par les géants de la tech, Facebook et Google. Face à ces experts capables d’offrir des campagnes efficaces et ciblées, WPP a eu du mal à simplifier son modèle tentaculaire et ses multiples canaux.
C’est donc tout le défi qui attend aujourd’hui Mark Read, un Britannique qui à 51 ans est décrit comme l’exact opposé de son ancien patron. Alors que ce dernier était réputé pour ses sorties flamboyantes sur la publicité comme sur l’économie mondiale, le nouveau patron, diplômé de Cambridge, Harvard et d’un MBA de l’Insead, apparaît comme un profil plus introverti qui laisse beaucoup d’autonomie à ses équipes. Après avoir commencé sa carrière chez WPP, il est passé par le conseil chez Booz and Co, puis comme fondateur d’une start-up digitale, vendue à Bertelsmann en 2001. Un an plus tard, il était revenu chez son premier employeur comme directeur de la stratégie, puis CEO de WPP Digital et de sa filiale Wunderman. Aujourd’hui, il prône une revue stratégique des actifs de WPP pour optimiser le groupe, sans néanmoins de rupture majeure.
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