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IPO : ceux qui veulent contourner le shutdown

Alors que le gendarme boursier américain, la SEC, ne peut plus autoriser les IPO en raison du shutdown, quelques sociétés veulent profiter d’une alternative juridique pour se lancer. Mais une telle décision n’est pas sans risque.
Nasdaq - Bourse - illustration
Nasdaq - Bourse - illustration

Depuis 31 jours maintenant, la SEC (Security Exchange Commission) américaine est dans l’incapacité de donner son feu vert aux candidats à une IPO, en raison du shutdown de l’administration fédérale. Mais pour certains candidats - comme les biotechs - qui ont besoin d’argent frais rapidement, le temps presse et ils ont donc trouvé une solution alternative. Ainsi, les biotechs Gossamer Bio et TCR2 Therapeutics ont décidé d’avoir recours à un plan B légal, qui consiste à modifier le texte de leur document de base afin de pouvoir entrer en Bourse automatiquement au bout de 20 jours, sans le sceau de la SEC. Le gendarme boursier américain n’ignore pas cette option, et a même prévenu les candidats à l'IPO qu'elle restait accessible lorsque le shutdown a commencé.

Dans le détail, cette voie permet aux sociétés d’entrer en Bourse 20 jours après avoir envoyé des informations financières et sur les risques, même si dans la grande majorité des cas, elles passent par l’intermédiaire de la SEC pour valider leurs déclarations. Jusqu’à présent, cette option n’a été ainsi utilisée que par des coquilles vides type SPAC (Special Purpose Acquisition Company). D’autres, comme New Fortress Energy, ont commencé leurs roadshows en pariant sur la fin du shutdown avant le lancement de leur IPO.

Le problème est particulièrement urgent pour les biotechs, dont le business model consiste à brûler beaucoup de cash dans les phases en amont de tests cliniques, et ont besoin de financement rapide auprès des marchés. Mais cette solution alternative n’est pas sans risque car, de l’avis des juristes et spécialistes de marché, elle pourrait aboutir à la mise en cause de la responsabilité des sociétés, si leurs documents s’avéraient incomplets. Surtout, elle oblige les candidats à fixer leur prix d’entrée 20 jours avant la date de l’IPO (contre la veille dans un process normal), ce qui les empêche de l'ajuster en fonction de nouvelles informations de marché ou sur le secteur.

Deux facteurs pourraient néanmoins inciter les sociétés à se lancer : d’une part, la date butoir de mi-février, à partir de laquelle les candidats à l’IPO sont tenus de publier leurs résultats annuels 2018 (et non les trois premiers trimestres), ce qui requiert l’aval des auditeurs et prend plus de temps. En outre après une fin d’année très active sur le plan des IPO, les investisseurs sont en attente de candidats vers qui allouer leur cash, et manquent cruellement de candidats. Un déficit d’offre qui pourrait pousser les plus petits (et fragiles) à se lancer, avant que les Uber et autres Lyft ne dégainent plus tard cette année.

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