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Vivendi, insensible à la crise
Alors que la grande majorité des entreprises a subi un coup d’arrêt de ses revenus au cours du premier trimestre avec la crise Covid-19, Vivendi n’oscille pas. Ce lundi, le groupe de contenus et médias a publié un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 11,9 %, dont 4,4 % à périmètre et taux de change constants, à 3,87 milliards d’euros. Cela est dû à la performance de la major de musique, Universal Music Group (UMG), qui bondit de 17,8 % sur le trimestre (dont 12,6 % à périmètre et change constants) grâce aux abonnements et au streaming (+16,9 %) de Justin Bieber ou encore Eminem, qui compensent la baisse structurelle des téléchargements et des ventes physiques. Mais aussi à Canal Plus, qui confirme sa reprise avec la hausse de 20 % du portefeuille d’abonnés sur un an, à 20,1 millions d’abonnés à fin mars. Le groupe précise néanmoins que "la crise sanitaire actuelle liée au Covid-19 touche l’ensemble de ses sources de revenus", citant par exemple le report du lancement du service de streaming Disney Plus en France, du 24 mars au 7 avril.
Comme ses pairs, Vivendi est bien en peine d’estimer l’impact de la crise Covid-19. "Il est impossible, à ce jour, de déterminer avec certitude combien de temps elle durera et comment elle impactera le chiffre d’affaires et les résultats annuels de Vivendi", indique le communiqué. Mais contrairement à il y a quelques années, le groupe est nettement désendetté : à 2,4 milliards d’euros, sa dette nette équivaut à peine à 1,6 fois son Ebitda 2019, tandis que sa trésorerie s'élève à 4,8 milliards d’euros, après la vente de 10 % du capital d’Universal Music Group à un consortium emmené par le chinois Tencent, pour 3 milliards d’euros. Ce qui le met à l’abri de problèmes de liquidité, d’autant qu’il a lui aussi profité de la fenêtre de tir obligataire pour lever 1,25 milliard d’euros début avril.
Sur Universal Music justement, Vivendi, qui a plusieurs fois tergiversé sur le sujet, a confirmé le scénario d’une IPO d’ici à début 2023. Mais le timing est tellement lointain et l’environnement tellement opaque qu’il est là encore impossible de se projeter à une telle échéance. Le sujet du moment concerne plutôt l'avenir de Lagardère, car les rumeurs fusent de toute part sur la montée de Vincent Bolloré, via Vivendi, au capital pour venir à la rescousse d’Arnaud Lagardère. Si Marc Ladreit de Lacharrière a déjà acquis un paquet d'actions, sans pour autant franchir le seuil des 5 % du capital, l’homme d’affaires breton aurait déjà acquis un "paquet important" d'actions et devrait annoncer, dans les heures ou les jours qui viennent, un possible franchissement de seuil. Face à une telle situation, il n’y a qu’un pas pour imaginer que Vincent Bolloré et Arnaud lagardère ont fait alliance afin de protéger ce dernier des assauts du fonds Amber. Pour rappel, le titre Lagardère avait perdu 65 % de sa valeur sur un an au plus fort de la crise à mi-mars, et est encore en baisse de près de 30 % après les rumeurs sur l’arrivée de chevaliers blancs. En situation financière très périlleuse dans sa commandite et mal engagé dans son combat face à Amber Capital qui est monté à 18 % du capital avant l’AG du 5 mai prochain, Arnaud Lagardère pas d’autre choix que de se trouver des amis, quitte à perdre une partie de son autonomie.
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