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Comment Vivendi adapte Canal + à la nouvelle donne du cinéma
Le Groupe Canal + et Netflix ont annoncé hier un partenariat qui prévoit d’associer Netflix aux offres de la chaîne cryptée. Concrètement, à partir du 15 octobre prochain, les abonnés de Canal + qui souscriront au pack Ciné/Séries auront accès dans un même abonnement à la chaîne premium Canal + et au service Netflix. Ce nouveau pack exclusif comprendra l’offre Netflix Standard (2 écrans, HD) et sera proposé au lancement à 15 euros/mois, en plus de l’abonnement à Canal +. Il comprendra également plus de 20 chaînes cinéma et séries déjà présentes dans le pack.
Au moment où Netflix vient d’annoncer détenir en France un parc de 6 millions d’abonnés, il s’agit là d’un accord stratégique et structurant qui montre le savoir-faire de Vivendi pour donner à ses différents actifs les moyens de se développer. Car lorsque Vincent Bolloré est arrivé aux commandes du groupe Canal +, cela ressemblait à un bateau ivre dont les coûts ne cessaient d’enfler et qui avait perdu tout avantage compétitif, en raison des nouvelles plates-formes proposant des films ou de la concurrence en matière de sport. Cette chaîne créée par François Mitterrand pour ses amis et pour la Générale des Eaux a vécu très confortablement pendant trente ans avec des avantages léonins et quelques contraintes. Sauf que ses avantages ont fini par disparaître, mais pas ses contraintes.
Tout le travail des dirigeants de Vivendi, et notamment de Maxime Saada, l’homme de la télévision a visé, d’abord, à remettre les comptes au carré en faisant en sorte que la chaîne délivre chaque année un résultat opérationnel de 400 millions d’euros. Ce qui a été le cas l’an passé. Et ensuite à l’adapter à un univers qui a été totalement bouleversé notamment par la technologie. Il s’agissait d’un défi de nature Schumpétérien. Soit Canal + évoluait dans son modèle, soit la chaîne disparaissait. Son principal actif étant son parc d’abonnés, 20 millions au total, Vivendi a décidé d’utiliser cet atout pour en faire une sorte d’agrégateur de différents opérateurs. C’est ainsi que Canal + s’est mis à distribuer Bein, puis OCS et maintenant Netflix. L’abonné y trouve un avantage immédiat en regroupant sur un seul canal tous ses accès aux films les plus récents et les mieux produits. Cette offre concerne dans un premier temps la France mais a vocation à être étendue dans les autres territoires opérés par le Groupe Canal +, à commencer très prochainement par la Pologne.
Bien sûr Canal + reste aussi un éditeur de contenus. Cela fait partie de son ADN, même si, là aussi la compétition et la rentabilité sont de plus en plus difficiles. Mais en faisant de la chaîne un agrégateur dont les partenaires ont vocation à s’agrandir, la filiale de Vivendi se donne incontestablement les meilleures chances d’un développement international, dans un domaine qui n’a plus aucune frontière.
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