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Entreprises / Actions / Vivendi / Arnaud de Puyfontaine / Comisión nacional del mercado de valores / Vincent Bolloré / Prisa

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Vivendi / Arnaud de Puyfontaine / Comisión nacional del mercado de valores / Vincent Bolloré / Prisa

Vivendi pousse lentement ses pions en Espagne / Le groupe détiendra bientôt 11% du capital du groupe de presse Prisa

Vivendi devrait bientôt tenir 11% environ du capital du groupe de presse espagnol Prisa, propriétaire d’El País, au travers de l’exercice d’obligations convertibles, grâce à une autorisation accordée par le gouvernement espagnol. Cela n’augure en rien d’une poursuite de la montée du groupe français au capital, qui nécessiterait de demander une nouvelle autorisation.
Groupe Prisa, logo - Mario Fourmy/REA
Groupe Prisa, logo - Mario Fourmy/REA

Les lignes bougent un peu au-delà des Pyrénées. Vivendi va bientôt dépasser le seuil des 10% du capital du groupe espagnol de médias Prisa. Le mastodonte français des médias dirigé par Arnaud de Puyfontaine a reçu pour cela le feu vert du gouvernement espagnol. L’information révélée par un avis de la Comisión nacional del mercado de valores (CNMV), l'autorité des marchés financiers en Espagne, fait état d'une autorisation très spécifique. Elle ne vise pas à permettre au groupe français de ramasser des titres du géant de la presse espagnole sur le marché, mais l'autorise uniquement à convertir les obligations convertibles subordonnées émises en février par Prisa auxquelles il a souscrit.

Une souscription dans laquelle il faut y voir "une marque de soutien à l’égard de Prisa", confie une source proche du dossier à WanSquare. Car le leader des médias et de l’éducation du monde hispanophone reste lourdement endetté, ayant fortement souffert des conséquences économiques de la pandémie en 2020 puis en 2021. Après une opération de refinancement de sa dette il y a un peu plus d’un an, Prisa a émis ces obligations convertibles pour un montant de 130 millions d'euros début 2023, opération largement sursouscrite ayant fait l’objet d’une forte demande. Une première fenêtre de conversion de ces obligations a débuté le 1er mai et se terminera le 10 mai, pendant laquelle les différents acteurs ont donc la possibilité d’exercice leurs droits.

Or, pour Vivendi, entré au capital de Prisa en 2021 avec une première participation de 7,6% ensuite étendue à 9,9%, l’exercice de ses obligations fera mécaniquement monter sa participation au-dessus de 10%. Et pour cela, le conseil des ministres espagnol doit en effet donner son accord en vertu d’une loi adoptée en pleine crise sanitaire en 2020 obligeant les sociétés étrangères à demander l'autorisation d'acquérir des participations importantes dans des sociétés espagnoles cotées en Bourse.

Précisément, la conversion par Vivendi des obligations souscrites se traduira, dans le scénario d'une conversion intégrale par tous les porteurs d'obligations, par une augmentation de sa participation dans Prisa, à hauteur de 10,9% du capital. Dans le cas – purement théorique – où Vivendi serait le seul à exercer ses obligations, le groupe français se retrouverait à la tête de 15% de Prisa, ce qui resterait loin toutefois des 29,57% du fonds activiste Amber Capital que dirige le français Joseph Oughourlian, d’ailleurs devenu président de Prisa en 2020. Non pas que Vivendi ne souhaite pas peser davantage dans le groupe espagnol, propriétaire d’El País, de l’éditeur de Santillana, du quotidien sportif AS et des radios Cadena Ser (Espagne) ou Radio Caracol (Colombie).

Fin 2021, Vivendi avait en effet déposé une demande pour augmenter sa participation dans Prisa jusqu'à 29,9%, dans le cadre de ses projets visant à étendre sa présence sur les marchés hispanophones en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. Le groupe avait ensuite retiré sa demande quelques mois plus tard, n’ayant pas trouvé de bloc d’actions à acquérir.

La suite pourrait donc dépendre de ce qu’Amber Capital compte faire de sa participation à l'avenir. Alliés sur le dossier Lagardère en France, Joseph Oughourlian et Vincent Bolloré - le premier actionnaire de Vivendi - le sont aussi dans le redressement de Prisa, qui semble en bonne voie. Prisa a vu son chiffre d’affaires progresser l’an dernier de 15%, à 850 millions d’euros, et son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a bondi de 38% à 147 millions d’euros, tandis que sa perte nette a été ramenée à 12,9 millions d’eurs, contre 90 millions d’euros en 2021. Et ce alors qu’Amber Capital lorgne l’équipementier militaire Indra, au capital duquel le gouvernement espagnol l’a autorisé à monter à 9,99%.

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