WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Espagne / Prisa / médias / Vivendi

Entreprises / Actions
Espagne / Prisa / médias / Vivendi

Vivendi diffère ses ambitions espagnoles

La pause marquée par Vivendi dans sa montée au capital du groupe de presse Prisa n'est que momentanée.  
Vivendi ne montera pas tout de suite à 30% dans l'espagnol Prisa / Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Vivendi ne montera pas tout de suite à 30% dans l'espagnol Prisa / Photo by ERIC PIERMONT / AFP

La mainmise croissante de Vincent Bolloré sur les médias français, illustrée par la prochaine offre publique d’achat (OPA) que Vivendi lancera d’ici quelques jours sur Lagardère, aurait pu faire oublier les ambitions hispanophones de l’homme d’affaires breton.

Celles-ci ne constituent pas en tout cas sa priorité géographique immédiate en termes de calendrier. Vivendi a discrètement retiré en fin de semaine dernière la demande qu’il avait déposée en octobre dernier auprès des autorités espagnoles pour pouvoir monter au-delà des 10 % du capital du groupe de presse Promotora des informaciones (Prisa), qui édite El Pais et qui est actionnaire du quotidien français Le Monde.

A la tête de 9,936 % du capital de Prisa depuis janvier 2021, Vivendi avait sollicité auprès du gouvernement espagnol le droit de monter jusqu’à 29,9 %. Depuis la crise sanitaire, tout investisseur étranger a besoin d’une autorisation gouvernementale pour prendre une participation de plus de 10 % dans une entreprise espagnole opérant dans un secteur considéré comme stratégique, ce qui est le cas des médias.

Mais le mastodonte français du secteur a interrompu son processus de montée au capital pour des "raisons techniques", a indiqué à WanSquare une source proche du dossier, "ce qui ne l’empêchera pas de le relancer" à un moment jugé plus opportun, a-t-elle ajouté. Vivendi apprécie généralement de se caler autour de 30 % du capital après avoir constitué une première participation, comme l’illustrent les exemples de Lagardère, Mediaset ou Ubisoft. Ce niveau lui permet d’influer sur le conseil de ses cibles sans avoir à lancer une offre sur les minoritaires.

De toutes les façons, ce retrait pour cause technique "ne remet absolument pas le souhait du groupe de se développer dans le monde hispanophone si des opportunités devaient se présenter, ce qui inclut Prisa", poursuit la source proche du dossier. Vivendi n’a aucunement l’intention de se désengager du groupe de presse espagnol dont il se voit comme un actionnaire de long terme et apprécie les progrès.

Confronté depuis des années à un lourd endettement, Prisa a conclu en début d’année un important accord de financement, lui donnant la stabilité nécessaire pour mettre en œuvre un plan stratégique à horizon 2025 et "débloquer" la croissance de ses résultats. Il veut générer plus de 90 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation d’ici quatre ans, soit plus du double de 2021.

Parmi les actifs de Prisa, le groupe éditorial Santillana, présente un intérêt particulier et pourrait constituer un deuxième pilier dans l’édition pour Vivendi, déjà présent en France sur ce segment avec Editis.

Si Prisa est sans doute la participation la plus médiatique de Vivendi en Espagne, le groupe est aussi présent dans le pays à travers la société de production audiovisuelle Bambu Productiones, la plateforme de billetterie See Tickets, et bien sûr l’agence publicitaire Havas.

Les ambitions de Vivendi en Espagne s’inscrivent dans un plan de conquête plus large visant les pays latins. Dans son projet de créer un empire médiatique en Europe du Sud, Vincent Bolloré a fait beaucoup de chemin en France, tandis qu’en Italie Vivendi est pour l’instant en position d’attente, étant le deuxième actionnaire de Media for Europe, le groupe de médias contrôlé par Silvio Berlusconi, qui vient de lancer une OPA pour monter à 100 % dans sa filiale espagnole, Mediaset España.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article