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Vivendi / Lagardère / Amber Capital / édition / médias / Vincent Bolloré
Vivendi accélère son emprise sur Lagardère
Vivendi ne compte par perdre son temps dans la construction de son empire dans l’édition et les médias. En septembre dernier, alors qu’il détenait déjà environ 27% du capital de Lagardère, le groupe contrôlé par Vincent Bolloré s’était accordé avec le fonds Amber Capital pour acquérir sa participation de 17,5% dans le conglomérat, rendant inévitable une offre publique d’achat sur l’ensemble de son capital. Mais cette opération, qui ne devait avoir lieu que d’ici au 15 décembre 2022, sera finalement réalisée dans "les prochains jours", à la surprise générale. Vivendi détiendra donc bientôt 45,1% du capital de Lagardère, dont les activités vont de l’édition (Hachette) aux médias (Europe 1, Journal du Dimanche, Paris Match…), en passant par la distribution dans les gares et aéroports (avec les marques Relay ou encore Aelia Duty Free). Le groupe pourra ensuite lancer son offre publique d’achat (OPA) au prix de 24,10 euros par action.
Pourquoi un tel empressement ? "Les analyses récemment menées par Vivendi l’ont conduit à considérer que cette acquisition pouvait intervenir dès à présent, dès lors que conformément aux règles applicables au contrôle des concentrations", explique le groupe. Qui précise toutefois que Vivendi n’exercera pas les droits de vote attachés à l’ensemble des actions acquises auprès d’Amber Capital ou dans le cadre de l’OPA (dont le projet doit être déposé d’ici au mois de février prochain) jusqu’à l’obtention des autorisations relatives à l’acquisition de Lagardère par les autorités de la concurrence – lesquelles seront sollicitées courant 2022. La partie sera serrée pour réduire les exigences des autorités face au rapprochement au sein d’un même groupe Editis (filiale de Vivendi) et Hachette.
Etant donné que Vivendi n’exercera pas les droits de vote liés aux titres détenus par Amber Capital d’ici à l’obtention des autorisations, ceux-ci resteront à 22,3%. De même, l’opération n’entraînera pas de flux financier (Amber Capital dispose déjà des 610 millions d’euros remis par Vivendi à titre de gage-espèces). Il est fondamental que Vivendi ne soit pas accusé de "gun jumping", ce qui avait par exemple valu à Altice deux condamnations de l’Autorité de la concurrence française et de Bruxelles, sur la fusion SFR-Numéricâble et l’acquisition de PT Portugal - montrant que les autorités anti-trust étaient particulièrement sensibles à ce sujet.
En anticipant d’un an son projet sur Lagardère, le groupe gagne du temps sur les étapes techniques de l’opération, dont les prémices s’étaient révélées chaotiques, puisqu’Amber Capital était entré en conflit avec Arnaud Lagardère, qui avait notamment appelé Vivendi à son secours, avant que les deux actionnaires ne parviennent à s’entendre. Après avoir bouclé avec succès l’introduction en Bourse d’Universal Music Group, la décision sur Lagardère permet à Vincent Bolloré, âgé de 70 ans, d’avancer au maximum ce dossier avant sa retraite, qui intervient le 17 février prochain, et… l’élection présidentielle deux mois plus tard, sur laquelle les médias de Vivendi sont très mobilisés.
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