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CMA CGM / m6 / Autorité des Marchés Financiers / AMF / ARCOM / médias / Concurrence
Rodolphe Saadé tisse sa toile dans les médias / CMA CGM vient de franchir le seuil des 5% d’actions du groupe M6
Rodolphe Saadé n’a pas dit son dernier mot. L’armateur CMA CMG a déclaré, dans une lettre adressée à l’Autorité des marchés financiers (AMF) le 15 décembre dernier, avoir franchi, quelques jours plus tôt, le seuil de 5% du capital (5,02%) et des droits de vote du groupe audiovisuel M6, dirigé par Nicolas de Tavernost. Une opération conclue par l’intermédiaire de son véhicule d’investissement CMA CGM Participations qui détient donc désormais plus 6,34 millions d’actions de M6.
Bertelsmann garde le contrôle
Certes, cette prise de participation ne modifie en rien la structure de contrôle du groupe, selon l’AMF. Les actions ayant été acquises sur le marché et non pas directement auprès d'RTL Group (filiale de l’allemand Bertelsmann), ce dernier conserve toujours ses 48,26% du capital de M6. "Rien ne changera dans les années à venir ", a commenté la maison-mère de M6 à cette occasion.
Mais elle confirme l’appétit du milliardaire franco-libanais pour le monde de la presse et des médias. Une ambition dont il ne se cache plus. Mi-novembre, il déclarait encore : "le sujet (investir dans les médias, ndlr) m’intéresse, donc je regarde les possibles opportunités d’affaires ".
Si des rumeurs le disent actuellement en discussions avec le média en ligne Brut, en mauvaise posture financière, rappelons que le patron du groupe de transport maritime et de logistique a acquis, officiellement le 30 septembre dernier, 100% des titres du journal La Provence, après deux mois de bras de fer avec Xavier Niel, avec lequel il était en compétition. Pour mémoire, le patron du groupe Iliad possédait déjà 11% des titres du quotidien via sa filiale Avenir Développement, détenue par sa holding NJJ, avant de les céder à Rodolphe Saadé. Le tribunal de commerce de Bobigny avait ensuite autorisé ce dernier à racheter les 89% des parts restantes pour 81 millions d’euros.
Déjà présent dans l'offre de rachat
Une rivalité dans le secteur des médias dont les deux hommes d’affaires sont désormais coutumiers. Ils s’étaient retrouvés quelques semaines plus tard, au moment de la mise en vente de M6 (test de marché), par son actionnaire Bertelsmann, désireux de se désengager du marché français. Une opération décidée à la suite de l’abandon du projet de fusion avec le groupe TF1 qui n’avait pas été autorisée par l’Autorité de la concurrence.
En vue de ce rachat, Rodolphe Saadé s’était donc à l’époque associé (à 25%) à Stéphane Courbit (via son groupe coté de production audiovisuelle et de paris sportifs, Entertainment, à 50%) et à Marc Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac (à 25%) pour proposer une offre. Celle-ci figurait d’ailleurs comme la plus intéressante sur le plan financier.
C’était toutefois sans compter sur un timing ultra serré. L’autorisation de diffusion de M6 sur la TNT devant être renouvelée par le régulateur de l’audiovisuel, l’ARCOM (ex-CSA) en mai 2023, ce renouvellement interdisait tout changement de contrôle de la société pendant une durée de cinq ans. Bertelsmann n’ayant donc qu’un mois pour vendre, la tentative de rachat n’avait pas pu aboutir. Le dirigeant du groupe allemand, Thomas Rabe avait expliqué cet échec par "les risques légaux et les incertitudes liés à l’autorisation de la vente de la part des différentes autorités de régulations de la concurrence ".
Pas de quoi entamer pour autant la détermination du patron de CMA CGM qui vient donc d’entrer au capital du groupe M6. Il déclarait encore récemment : "Tant que j’ai les moyens financiers de développer le groupe, je vais continuer ".
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