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Entreprises / Actions / Air France - KLM / Benjamin Smith / Titres super subordonnés / CMA CGM / PGE

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Air France - KLM / Benjamin Smith / Titres super subordonnés / CMA CGM / PGE

Air France – KLM progresse dans son désendettement / Mais la compagnie est encore loin du compte

Air France – KLM a annoncé mercredi l'émission de 300 millions d'euros de titres de dette hybride, une opération visant à accélérer le remboursement de l'aide de l'État français et à continuer de soutenir le renforcement des fonds propres. L’opération diluera les actionnaires, tandis que la compagnie pourrait devoir faire face à une grève potentielle cet hiver.
Benjamin Smith, directeur général d'Air France KLM - Eric TSCHAEN/REA
Benjamin Smith, directeur général d'Air France KLM - Eric TSCHAEN/REA

La compagnie aérienne franco-néerlandaise suit à la lettre le calendrier qu’elle s’est fixée pour apurer ses finances. "En novembre, Air France-KLM poursuivra son désendettement et le reprofilage de sa dette non garantie et un remboursement partiel anticipé du prêt garanti par l’Etat (PGE)", avait-elle indiqué fin octobre lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre.

Pour le groupe, l’enjeu est à la fois d’assainir son bilan, mais aussi de recouvrer sa totale liberté dans la mesure où, selon l’engagement pris auprès de Bruxelles, il est en principe interdit à Air France et sa holding d'acquérir une participation supérieure à 10% chez des concurrents ou d'autres acteurs du même secteur d'activité, tant qu’au moins 75% de la recapitalisation opérée pendant la pandémie ne sont pas remboursés.

L’entreprise dirigée par le Canadien Benjamin Smith a donc d’abord convenu le 7 novembre avec le syndicat des neuf banques participant au PGE et avec l'Etat français de rembourser de manière anticipée un montant de 1 milliard d'euros de son encours restant de 3,5 milliards d’euros du prêt qu’elle avait dû contracter en 2020, en pleine pandémie. Sachant qu’elle avait déjà remboursé 500 millions d’euros en décembre 2021 sur un encours qui était initialement de 4 milliards d’euros.

Grâce à ce remboursement, la compagnie a ramené l’encours restant du PGE à rembourser de 2,5 milliards d’euros. Il restera 1,15 milliard d’euros à rembourser en mai 2024 puis 1,35 milliard d’euros en mai 2025, aucun remboursement n’étant programmé l’an prochain, ce qui paraît avisé. La fragilité de la génération de trésorerie de l’entreprise pourrait en effet de nouveau la mettre en difficulté si le scénario de récession se confirme. Encore plus en cas de grève pour les vacances de Noël, alors que deux syndicats de la compagnie aérienne, l'Union des navigants de l'aviation civile et le Syndicat des navigants, ont déposé un préavis du 22 décembre au 2 janvier prochains.

 

Une dilution potentielle proche de 7%

 

Deuxième étape, le groupe a annoncé mercredi le lancement d'une offre d'obligations subordonnées perpétuelles et convertibles en actions nouvelles ou échangeables en actions existantes. "Le montant attendu est de 300 millions d’euros et servira à rembourser les titres super subordonnés (TSS) de l'Etat", a indiqué la compagnie. L'Etat français avait accordé en 2020 un prêt d'actionnaires transformé en dette hybride (les TSS) par compensation de créances en 2021.

L’armateur marseillais CMA CGM, entré au capital en mai dernier, a joué son rôle d’actionnaire et de partenaire industriel stratégique en souscrivant à hauteur de sa quote-part (9%) au capital de la société. Mais les 300 millions d’euros annoncés par Air France - KLM sont toutefois loin de la promesse faite il y a deux semaines de procéder "à l’émission d’éventuelles obligations hybrides, pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 1,2 milliard d'euros, sous réserve des conditions de marché". Et ce alors que, pour rappel, les fonds propres d'Air France étaient encore déficitaire de 2,8 milliards d'euros à fin septembre.

En Bourse, l’action Air France – KLM a chuté mercredi de 10,5%, à 1,256 euro, alors que cette seule opération pourrait entraîner une dilution potentielle de près de 7% du capital. D’autant que la prime avec laquelle sera fixé le prix de conversion/échange des obligations "est basée sur un cours de référence qui était le cours du jour", notent les analystes d’UBS.

En tout cas, cet instrument hybride "sera attrayant pour les investisseurs", souligne la banque suisse. A compter de la date d’émission et jusqu’au 23 novembre 2025 (exclu), les obligations convertibles porteront intérêt à un taux nominal annuel compris entre 5,75% et 6,50% payable trimestriellement. Et, à partir du 23 novembre 2025 (inclus), elles serviront un intérêt à un taux égal à 1 300 points de base au-dessus du taux mid-swap applicable à trois ans en Euro comme taux de référence.

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