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Air France - KLM / yield / Benjamin Smith / Ben Smith / capitaux propres / fonds propres / PGE / trafic / Air France / KLM / Compagnie aérienne
Air France – KLM engrange enfin de gros bénéfices / Mais les fonds propres de la compagnie restent largement négatifs
Air France – KLM a survécu au Covid 19, mais comment l'entreprise contrôlée à 28,6% par l'Etat français s’en sortira-t-elle dans la récession qui se profile ? Maintenue à flot et recapitalisée pendant la crise sanitaire à grand renfort d’aides publiques françaises et néerlandaises, de prêts bancaires garantis par les deux Etats et d’augmentations de capital, la compagnie s’est remise en ordre de marche et profite de la reprise des voyages. Redevenue bénéficiaire au deuxième trimestre, elle a poursuivi au troisième trimestre sur sa lancée, dépassant les niveaux de revenus et de rentabilité de 2019, d’avant le trou d’air provoqué par la pandémie.
Sur la période de juillet à septembre, le groupe dirigé par le Canadien Benjamin Smith a dégagé plus d’un milliard d’euros de résultat d’exploitation, en hausse de près de 900 millions d’euros sur un an. Une performance " supérieure de 24% au consensus", souligne le cabinet Stifel, et ce principalement grâce à l’activité de réseau, soit le transport de passagers et de fret sur les vols réguliers des compagnies Air France et KLM (donc sans tenir compte de la filiale low-cost Transavia et de l’activité de maintenance).
Près d'un demi-milliard de bénéfice net
Et pour cause, si le groupe avait déjà pu passer plusieurs augmentations tarifaires au cours du premier semestre, la force de la demande estivale alliée à la reprise du trafic d’affaires au troisième trimestre ont permis de retrouver un "yield" - la tarification dynamique utilisée par les compagnies pour faire varier les prix selon les conditions de marché – supérieur à celui qui prévalait en 2019 pour la même période.
Parmi les autres bonnes nouvelles, Air France - KLM a ainsi dégagé un bénéfice net de 460 millions d'euros pour la période de juillet à septembre, contre une perte de 192 millions d'euros un an plus tôt. Son chiffre d'affaires s'est envolé 77%, à 8,1 milliards d'euros. Et la totalité des indicateurs utilisés par la profession signalent l’expansion des affaires de la compagnie franco-néerlandaise. Celle-ci a accueilli 25 millions de passagers, soit 47,6% de plus qu'au cours du même trimestre l'année précédente. Par rapport à l'année dernière, la capacité ayant augmenté de 29,1% et le trafic de 70,7%, le coefficient d’occupation a progressé de 21,6 points. Sans oublier la recette unitaire "Passage par Siège Kilomètre Offert" (SKO), qui a augmenté de 52%, à taux de change constant.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la situation financière de l’entreprise était totalement assainie. Un processus en cours mais loin d’être achevé. Le transporteur, qui avait bénéficié d'un total de 4 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat (PGE) français au plus fort de la crise sanitaire, en avait remboursé 500 millions d'euros à la fin 2021. Puis fin juin 2022, KLM a totalement remboursé sa ligne de credit renouvelable (“RCF”) et le prêt direct de l'Etat néerlandais, pour un montant total de 0,9 milliard d'euros.
Une génération de cash fragile
Le groupe souhaite à présent procéder, en novembre, à un remboursement partiel anticipé du PGE d’un montant d’1 milliard d'euros sur les 3,5 milliards d'euros d'encours restant, "afin de réduire ses charges financières globales et son exposition aux taux variables", a-t-il indiqué. Pour la suite, aucun autre remboursement anticipé du PGE n’est prévu d’ici mai 2024 et le profil de ce prêt bancaire devrait même resté inchangé jusqu’en mai 2025.
Mais un important problème reste surtout à régler. Celui des capitaux propres négatifs au bilan de l’entreprise, avec un déficit qui s’élève encore à 2,8 milliards d’euros à fin septembre, contre 3,2 milliards d’euros à fin juin. La compagnie estime qu’elle pourra restaurer ses fonds propres "grâce aux profits" qu’elle compte générer "et des projets de quasi-fonds propres", évoquant l’émission d’éventuelles obligations hybrides en 2022 et 2023. La conjoncture économique pourrait toutefois lui mettre des bâtons dans les roues.
Face à la demande plus faible et la hausse des coûts qui s’annoncent l’an prochain, le déficit en capitaux propres encore important de la compagnie "n’est pas une position de bilan confortable", prévient Stifel. "Les faiblesses structurelles d'Air France-KLM persistent, avec notamment une génération de cash fragile", pointe de son côté le bureau d’analystes Octo Finances. La Bourse se montre tout aussi craintive : l’action Air France – KLM a chuté vendredi de 13%, à 1,37 euro.
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