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Air France - KLM / Benjamin Smith / cash-flow / Apollo / fonds propres
Air France – KLM se prépare à un été radieux / Mais sa facture de carburant s’envole
Il est des comptes déficitaires qui n’inquiètent pas outre mesure. Le retour dans le rouge des résultats d’Air France – KLM sur les trois premiers mois de l’année 2023 en fait partie, le premier trimestre étant traditionnellement le plus faible de la compagnie du fait de la saisonnalité du tourisme.
La perte nette de 344 millions d’euros enregistrée sur la période par le groupe aérien ne remet pas en cause le redressement engagé par l'entreprise depuis la sortie du Covid. Le déficit est d’ailleurs plus de 200 millions d’euros inférieur à celui enregistré à la même période de 2022. Dans le même temps, la perte d'exploitation a été ramenée à 306 millions d'euros, contre 350 millions d'euros un an plus tôt.
Des coûts en partie maîtrisés
Pour autant, les analystes s’attendaient à un peu mieux. Le consensus tablait sur une perte nette de 340 millions d'euros et une perte d'exploitation de 282 millions d'euros. "Le détail des charges externes montre que les coûts sont bien maitrisés mais la facture carburants a gonflé", pointe le bureau de recherche Octo Finances. Cette facture a grimpé à 1,8 milliard d’euros sur le trimestre écoulé, soit 800 millions d’euros de plus qu’il y a un an. De quoi expliquer la réaction négative des investisseurs, l’action Air France – KLM chutant de plus de 5% vendredi à la Bourse de Paris, à 1,42 euro.
Ce qui ne veut pas dire que ce premier trimestre ne recèle pas plusieurs éléments positifs. Notamment, le chiffre d’affaires est, lui, conforme aux anticipations à 6,3 milliards d’euros. Il a bondi de 40,6% à taux de change constant par rapport au premier trimestre 2022, porté par la forte augmentation du nombre de passagers transportés.
Pour répondre à la forte demande de voyages de loisirs, Air France-KLM a en effet augmenté ses capacités de près de 20%, tout en améliorant le taux de remplissage de ses avions de près de 12 points, à 86,1%. Celui-ci est "désormais en ligne avec les niveaux de 2019" d’avant la pandémie, note le cabinet Stifel. Mieux, la recette unitaire par siège kilomètre offert (SKO) du groupe est en hausse de 21% par rapport à 2019, observe-t-il également.
Le cash-flow coule à flot
Mais le point le plus rassurant est sans doute l’importance des réservations pour la saison estivale. Des "ventes de billets très encourageantes pour la saison été", soulignées par le directeur général Benjamin Smith, qui se répercutent directement dans le flux de trésorerie. Le cash-flow d’exploitation libre a ainsi atteint 0,7 milliard d'euros sur le trimestre écoulé, dépassant très largement les 334 millions d’euros attendus par le consensus.
L’occasion de souligner aussi que la dette de l’entreprise a été réduite de 900 millions d’euros en trois mois, ramenée à 5,5 milliards d’euros. Tandis que le groupe a remboursé l'intégralité des aides octroyées par l'État pendant la pandémie, ce qui signifie qu’il est désormais libéré des contraintes imposées par la Commission européenne, comme l'impossibilité de prendre plus de 10% du capital d'une compagnie concurrente.
Dans ces conditions, Air France – KLM pourrait donc se porter candidat à la privatisation de TAP Air Portugal, censée intervenir cette année dans le cadre d'un plan de sauvetage approuvé par Bruxelles. Une possible opération pour laquelle Benjamin Smith, le directeur général de la compagnie franco-néerlandaise, a déjà manifesté son intérêt à plusieurs reprises.
Le groupe travaille par ailleurs au renforcement de ses fonds propres, toujours négatifs. Il vient d’entrer en discussions exclusives avec le fonds Apollo en vue d’un éventuel financement en quasi fonds propres de 500 millions d'euros au capital d'une filiale opérationnelle.
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