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Les commandes d'Alstom vont bon train / Le flux de trésorerie surprend positivement
Alstom y voit plus clair. Le groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge a donné mercredi une vision plus précise de ses perspectives pour son exercice fiscal à cheval sur 2022 et 2023 en même temps qu’il publiait des résultats plus solides qu’anticipé pour le premier semestre.
Le numéro deux mondial du ferroviaire s’était fixé des objectifs plutôt vagues en début d’année, tablant simplement sur une progression de ses ventes, une croissance progressive de sa marge d’exploitation ajustée comparée à l’exercice 2021/2022, accompagnée d’une génération de cash-flow libre.
Il prévoit désormais que sa progression des ventes cette année sera conforme à l’objectif à moyen terme, soit supérieure à 5%, avec une marge d’exploitation ajustée prévue dans la fourchette de 5,1% à 5,3% et une génération de cash-flow libre prévue dans la fourchette de 100 millions à 300 millions d’euros. "Le groupe semble bien moins inquiet qu’en juillet même si la hausse des coûts représente un manque à gagner de 0,8% sur sa marge", note Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro. A cet égard, le groupe souligne en effet son "aptitude à faire face aux perturbations liées à la crise des composants électroniques, de la chaîne d'approvisionnement et de l’énergie".
Un carnet de commandes de meilleures qualités
D’autre part, "la qualité de notre carnet de commandes s’améliore, avec pour résultat la réalisation des objectifs et l’amélioration de la profitabilité malgré un environnement macro-économique difficile", a commenté Henri Poupart-Lafarge.
L’enjeu, derrière cette amélioration de la qualité du carnet de commandes, reste celui de l’intégration de la branche ferroviaire de Bombardier, absorbée en janvier 2021, lors de laquelle Alstom avait récupéré de nombreux contrats non-rentables passés par le groupe canadien. D’ailleurs, les ventes relatives aux contrats non-performants, définis comme étant les ventes sur des projets ayant une marge à terminaison négative, se sont encore élevées à 1,3 milliard d’euros au cours du premier semestre. Sur un chiffre d’affaires de 8,05 milliards d’euros, en hausse de 8% en glissement annuel, en ligne avec les estimations du consensus des analystes.
Le carnet de commandes, lui, a atteint 85,9 milliards d’euros au 30 septembre après des prises de commandes de 10,1 milliards d’euros sur le trimestre écoulé, le ratio "commandes sur chiffre d’affaires" (ou book to bill en anglais) s’établissant à un solide niveau de 1,25, alors qu’un niveau supérieur à 1 est déjà le signe d’une croissance de l’activité.
Le semestre a été marqué par d’importants succès commerciaux, à l’image de la commande géante de 130 trains régionaux Coradia passée en mai en Allemagne, d’une valeur de 2,5 milliards d’euros, suivie d’une autre commande de trains régionaux Coradia en Roumanie, d’une commande de tramways en Italie, ou encore d’une autre en France passée par la SNCF pour une quinzaine de trains à très grande vitesse Avelia.
200 millions d’euros de synergies
En termes de rentabilité, le résultat d’exploitation ajusté s'est élevé à 397 millions d'euros, soit une marge de 4,9%, contre 386 millions d’euros et une marge de 4,8% anticipés par le consensus des analystes. Car tandis que le groupe exécute progressivement certains contrats non rentables de l’ex Bombardier Transport, les synergies du rapprochement sont, elles, au rendez-vous. "Le processus d’intégration se déroule comme prévu, avec en particulier la convergence de 92 % des 200 process les plus importants et le déploiement de notre suite digitale dans 7 pays", a indiqué Alstom. Le groupe vise 200 millions d’euros de synergies de marge d’exploitation ajustée sur l’année fiscale 2022/2023, près du double des 102 millions d’euros de l’exercice précédent.
"Mais la réelle bonne surprise de cette publication réside dans le cash-flow libre, qui a atteint -45 millions d’euros au premier semestre, soit un niveau bien meilleur que celui de -179 millions d’euros anticipé par le consensus", note le cabinet Oddo BHF. L’évolution de cet indicateur est "encourageante étant donné que le premier semestre de l'année a tendance à être une période saisonnièrement plus faible", note pour sa part le courtier Stifel. Cette bonne nouvelle et les nouveaux objectifs annuels ont été salués comme il se doit par les investisseurs. L’action Alstom gagnait plus de 7% mercredi en fin d’après-midi, en tête des plus fortes hausses du CAC 40.
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