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Eurofins / cash-flow

Le cash-flow d’Eurofins suscite des interrogations / Le groupe de bioanalyse est à un moment charnière

Un cash-flow plus faible qu'attendu et la division par deux du dividende du groupe d’analyses pharmaceutique et agroalimentaires occultent l’annonce de résultats annuels et de perspectives qui paraissaient solides de prime abord.  
L'effet temporaire du Covid-19 sur les ventes d'Eurofins s'est terminé en 2023 - Photo by Nicolas Armer / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
L'effet temporaire du Covid-19 sur les ventes d'Eurofins s'est terminé en 2023 - Photo by Nicolas Armer / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

La chute subie mardi par Eurofins à la Bourse de Paris vient de loin. Avec une action qui abandonne plus de 8% aux alentours de 54 euros, le spécialiste des aliments, des produits pharmaceutiques, des analyses environnementales et de laboratoires, ne pèse désormais qu’un peu plus de 10 milliards d’euros, loin des 24 milliards d’euros qui lui avait permis d’intégrer le CAC 40 à l’automne 2021. Et force est de constater que le groupe fondé et dirigé par Gilles Martin ne cesse de perdre du terrain depuis les records de son entrée dans l’indice phare, sans qu’il faille y voir un lien de cause à effet.

Les circonstances de cet important reflux sont particulières. Elles proviennent de la fin de la crise sanitaire. Si la pandémie de Covid-19 avait marqué une accélération considérable dans la trajectoire de croissance du leader mondial des tests analytiques, la disparition des revenus liés aux tests de dépistage du virus, tests sérologiques, ou encore aux tests PCR de l’environnement le pénalise logiquement.

Pour la deuxième année consécutive, le groupe vient de voir en 2023 son excédent brut d’exploitation reculer, passant de 1,9 milliard d’euros en 2021, à 1,51 milliards d’euros en 2022, puis 1,36 milliards d’euros. Ses ventes ont mieux résisté : elles étaient restées stables à 6,7 milliards d’euros entre 2021 et 2022, et ont diminué de 2,9% en 2023, à 6,52 milliards d’euros.

Le groupe est à présent à un point d’inflexion. La question est de savoir s’il peut reprendre la croissance normale de ses ventes et de ses résultats une fois passé le contrecoup de l’effet d’aubaine du Covid-19. Elle se pose alors que le second semestre 2023 a représenté la première période pour laquelle justement les contributions des tests et réactifs liés au Covid-19 sont devenues négligeables à environ 5 millions d’euros, contre 120 millions d’euros à la même période de 2022.

 

Le dividende réduit de moitié

 

En soi, les perspectives de résultats présentées pour 2024 ne sont pas la cause de la déception des investisseurs, ni les résultats 2023 d’ailleurs. Pour l’exercice en cours, Eurofins vise une hausse de son chiffre d'affaires qui devrait s'établir entre 7,08 milliards d'euros et 7,18 milliards d'euros et un Ebitda ajusté compris entre 1,53 milliard d'euros et 1,58 milliard d'euros. Les résultats 2023 sont "supérieurs aux attentes sur la marge" et les objectifs de marge "meilleurs qu’attendu", notent ainsi les analystes d’Invest Securities.

Le bât blesse en revanche au niveau du free cash-flow, "faible en dépit de la réduction des dépenses d'investissement et de l'amélioration des coûts de fonctionnement", constate Jefferies. Eurofins, qui escomptait générer entre 670 millions et 720 millions d'euros de flux de trésorerie disponible l'an dernier, a finalement dégagé 626 millions d'euros, après 677 millions d'euros en 2022. Et ce avec un besoin de fonds de roulement qui s’est élevé à 5,1% du chiffre d’affaires l’an dernier, contre 4,2% en 2022.

Conséquence, le groupe a décidé de diviser par deux son dividende, qui s’établira à 0,5 euro par action au titre de l'exercice 2023, contre 1 euro un an plus tôt. Un signal de prudence qui peut sembler étrange de la part d’un groupe peu endetté, dont le ratio de dette nette sur Ebitda était de 2 à fin 2023.

Mais les investisseurs n’ont sans doute pas oublié que c’est l’opportunité de la crise du Covid-19 et les marges records réalisées avec ses tests de dépistage du virus et ses tests sérologiques qui lui ont permis de rétablir une situation financière qui a longtemps été difficile. Et la présence de positions vendeuses représentant plus de 5% du capital de l’entreprise au 27 février rappelle que la confiance peut se perdre aussi vite qu’elle a été regagnée.

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