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CAC 40 / Atos / Eurofins / Euronext
Eurofins couronné, Atos puni
Pressentie depuis plusieurs mois, la sortie d'Atos du CAC40 sera effective à compter du 17 septembre. Le groupe informatique va céder sa place à Eurofins. Rentré dans l'indice phare de la Bourse de Paris en 2017, Atos connaissait depuis des difficultés en partie liée à la crise sanitaire. La firme cumulait la plus petite capitalisation de l'indice avec la moins bonne performance de l'année en cours. A contrario, le groupe pharmaceutique Eurofins est porté par la crise, les quelque 900 laboratoires qu'il possède à travers le monde tournant à plein régime.
Pour Atos, sa sortie du CAC 40 s'apparente à une crise de croissance pour une firme dont la taille avait explosé sous la direction de l'actuel commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Il avait alors réussi le tour de force de doubler le chiffre d’affaires du groupe à plus de 12 milliards d'euros, le tout en une décennie. Mais depuis le départ à Bruxelles de son dirigeant, l'entreprise semble avoir très nettement perdu la faveur des marchés et sa capacité à grandir est remise en question. Après qu'Atos se soit fait doubler il y a quelques années sur le dossier Gemalto par Thales (le favori de Bercy), c'est de son propre chef que la société de services informatiques a renoncé à l'acquisition de DXC Technology : le projet fut considéré finalement comme trop ambitieux en interne. Également des fragilités comptables ont été observées outre-Atlantique avec l'émission d'une réserve par les commissaires aux comptes, qui avaient mis en évidence des erreurs dans les comptes de deux entités américaines. Nul doute que la situation du groupe français sera observée avec attention par l'Élysée, qui y a déjà placé l'ancien premier ministre Édouard Philippe en tant qu'administrateur.
Un peu plus de 30 ans après sa fondation, Eurofins va faire son entrée au CAC40 : une récompense attendue pour un groupe qui a vu son activité décuplée par la pandémie. La firme pharmaceutique nantaise a su tirer profit de son important réseau de laboratoire (près de 900) et d'un modèle très intégré verticalement qui lui a permis de ne pas être sujet à des pénuries de matières premières. Ainsi Gilles Martin, PDG d'Eurofins, a confié au Figaro : "Quand des géants comme LabCorp ou Quest Diagnostics, qui réalisent autour de 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, ont fait 30 millions de tests Covid, nous en avons fait 15 millions pour 1 milliard de chiffre d’affaires". Son chiffre d'affaires s'en est retrouvé en hausse de 19 %, mais c'est son résultat net qui attire l'œil : il a explosé pour atteindre 539 millions d’euros, ce qui est l'équivalent du triple de celui de l'exercice précédent. La crise semble avoir renforcé le modèle d'Eurofins, qui n’a cessé de s'accroître chaque année à force d'acquisitions, suscitant même des doutes auprès de certains investisseurs sur la solidité de son modèle. Ceci ne semble pas avoir déstabilisé les investisseurs, qui n'ont cessé de porter le titre : mis à part un creux fin 2018 et début 2019, lié précisément à ces doutes, le cours d'Eurofins n'a cessé de grimper depuis dix ans : il cotait sous les six euros en 2011, pour près de 125 euros aujourd'hui.
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