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Michelin / cash-flow / Pneumatiques / Florent Menegaux

Michelin s’en sort malgré des coûts records / Et 2023 pourrait surprendre favorablement

Michelin a su préserver ses ventes et sa rentabilité de l’inflation en 2022. La grande capacité du groupe à relever ses prix a plus que compensé l’envolée de ses coûts, même si sa trésorerie a souffert, sans doute temporairement. Les prévisions prudentes pour 2023 laisseront de la place pour surprendre.  
Florent Menegaux, président de Michelin devant le siège de Michelin - Richard DAMORET/REA
Florent Menegaux, président de Michelin devant le siège de Michelin - Richard DAMORET/REA

Le "pricing power" ne peut pas tout. Michelin avait prévenu à l’automne que son cash-flow libre structurel était sous pression du fait d’un environnement d’hyperinflation, sur les coûts de l’énergie notamment. Réduire sa prévision de cash-flow libre structurel de près de moitié, à 700 millions d’euros, contre 1,2 milliard d’euros auparavant, s’est révélé insuffisant. Le numéro un mondial du pneumatique n’est parvenu à générer qu’un flux de trésorerie disponible structurel de 378 millions d’euros l’an dernier, contre près de 1,8 milliard d’euros en 2021. Une variation qui "s’explique principalement par l’impact des facteurs d’inflation sur les éléments du besoin en fonds de roulement, ainsi que de l’augmentation des investissements", a expliqué le groupe dirigé par Florent Menegeaux. A lui seul, l’impact de l'inflation sur le besoin en fonds de roulement a généré une baisse ponctuelle d'environ 500 millions d’euros.

Aussi grande soit-elle, la baisse de la génération de cash-flow n’a cependant pas pris les analystes à contre-pieds. Ceux de Deutsche Bank par exemple n’y ont pas vu "de surprise majeure" alors que l’avertissement du concurrent allemand Continental avait récemment annoncé la couleur. D'un cash-flow libre de 600 à 800 millions d'euros pour 2022, celui-ci avait ramené sa prévision à 200 millions d’euros. La Bourse d’ailleurs, n’a pas sanctionné Michelin, dont l’action a terminé la séance de mardi quasiment stable, à 29,4 euros.

Comme le note Invest Securities, le cash-flow constitue en réalité "le seul point négatif et sans doute temporaire de cette publication qui est ressortie en tous points en ligne, parfois au-dessus des attentes après un quatrième trimestre plus solide ". La force de la marque Michelin, dont dépend sa capacité à fixer ses prix, a protégé les ventes. Le chiffre d’affaires de l’équipementier automobile a progressé de plus de 20% l’an dernier, à 28,6 milliards d’euros. La légère baisse des volumes est uniquement liée à l'arrêt des opérations du groupe en Russie à partir de mars et aux restrictions sanitaires en Chine. Elle a été largement contrebalancée par un effet "prix-mix" de 13,7%.

A lui seul, l’effet prix a représenté 3,05 milliards d’euros en 2022, résultat " d’une politique de prix rigoureuse et volontariste sur tous les segments pour compenser les facteurs d’inflation du coût de revient des ventes", qu’il s’agisse des matières premières, de la logistique, de l’énergie et des salaires, explique Michelin. Le pilotage des prix a ainsi permis de compenser une hausse record des coûts de 2,7 milliards d’euros. Sur le plan de la rentabilité, cela donne un résultat opérationnel des secteurs de 3,4 milliards d’euros, en hausse de 430 millions d’euros, par rapport à 2021.

"Dans un contexte chaotique impacté par plusieurs crises systémiques, Michelin a délivré en 2022 des résultats solides", a ainsi salué Florent Menegaux, dont le groupe vise pour cette année de dégager un résultat opérationnel des secteurs supérieur à 3,2 milliards d’euros à taux de change constant. Une prévision qui se fonde sur une inflation à l’impact estimé entre 0,6 et 1,2 milliard d'euros. Un scénario jugé prudent, qui constitue "un coussin de sécurité raisonnable, tant sur les volumes que sur l’inflation", souligne Deutsche Bank. Et qui pourrait donner lieu à de bonne surprises si l'environnement ne se détériore pas fondamentalement.

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