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Michelin / free cash-flow / FCF / Pneumatiques / Yves Chapot
Michelin peut toujours compter sur son "pricing power"
Toutes les séries prennent fin un jour. "Pour la première fois depuis des années, Michelin a manqué les attentes du consensus, tant sur le plan des bénéfices que des flux de trésorerie disponibles (free cash-flow ou FCF) au premier semestre 2022", notent mercredi les analystes du courtier Stifel, à la lecture des comptes de mi-année du premier fabricant mondial de pneumatiques.
Le résultat opérationnel de 1,53 milliard dégagé sur les six premiers mois de l’année par l’entreprise basée à Clermont-Ferrand s’avère de 7% inférieur aux anticipations du consensus des analystes (1,64 milliard d’euros attendu), tandis que la marge correspondante de 11,5% s’établit 80 points de base au-dessous de leurs attentes. Dans un environnement déstabilisé par les impacts systémiques du conflit en Ukraine et de la crise sanitaire, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’accélération de l’inflation sont les principaux vents contraires auxquels le groupe s’est retrouvé confronté.
Les coûts flambent
L’effet matières premières et coûts de leur approvisionnement a pesé à hauteur de 553 millions d’euros, tandis que l'envolée des coûts de logistique et de l’énergie a coûté 733 millions d’euros. L’effet volume défavorable a lui représenté 135 millions d’euros, reflétant notamment la baisse de la demande liée au Covid-19 en Chine au deuxième trimestre et l’impact du conflit en Ukraine.
Pour autant, Michelin s’en est plutôt bien sorti grâce à son positionnement haut de gamme et à la force de sa marque qui lui permettent depuis toujours de répercuter les hausses de coûts dans ses prix de ventes : le précieux "pricing power" de l’entreprise a joué à plein au premier semestre. L’effet "prix-mix pneus" a rapporté 1,52 milliard d’euros de résultat opérationnel, "grâce à un pilotage rigoureux et volontariste des prix", a indiqué la firme au bibendum. "Le groupe est parvenu à plus que compenser les différents facteurs d’inflation par le prix-mix, confortant notre vue positive sur le pricing power et la gestion très stricte de Michelin dans un contexte inflationniste", commentent de leur côté les analystes d’Oddo BHF.
Ce même effet prix-mix a également soutenu les ventes. Il a atteint 13,9% au premier semestre - 13,5% au premier trimestre, puis 14,4% au deuxième - contribuant largement à la hausse de 18,7% du chiffre d’affaires semestriel, à 13,3 milliards d’euros, et ce malgré des volumes pneumatiques en retrait de 2,2%.
Le second semestre sera bien meilleur
En Bourse, la déception est néanmoins palpable. L’action Michelin abandonne plus de 5% en fin d’après-midi, les investisseurs ayant visiblement espéré que Michelin traverse l’environnement perturbé du premier semestre sans encombre. Pour autant, la confirmation par le groupe de l’ensemble de ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice en cours constitue un signal fort. Michelin vise toujours un résultat opérationnel supérieur à 3,2 milliards d’euros et un FCF supérieur à 1,2 milliard d’euros.
A première vue, le FCF négatif de 964 millions d’euros du premier semestre, alors qu’il était positif de 346 millions d’euros un an plus tôt, peut sembler inquiétant. Ce n’est pas le cas. "Après un premier semestre 2021 exceptionnel, Michelin revient à une saisonnalité normale de son FCF", note Jefferies. Un caractère saisonnier que le directeur financier du groupe, Yves Chapot, a rappelé aux analystes lors d’une conférence téléphonique. Alors que le premier semestre 2021 avait été inhabituellement générateur de FCF, la variation négative (de 1,7 milliard d’euros) du besoin en fonds de roulement au premier semestre 2022 a été amplifiée cette année par l’inflation du coût des intrants. Les choses devraient rentrer dans l’ordre au second semestre.
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