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Publications, Résultats / Michelin / Jean-Dominique Senard

Publications, Résultats
Michelin / Jean-Dominique Senard

Michelin résiste, et mieux encore

Le groupe a publié un résultat opérationnel en hausse de 11 % en 2018 grâce à un contrôle serré des coûts, dans un marché difficile. Après une année riche en acquisitions, Jean-Dominique Senard laisse une maison en ordre de marche pour affronter les défis de l’avenir.
Michelin
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Lundi, Jean-Dominique Senard a présenté les derniers résultats annuels de Michelin en tant que gérant. Et si le groupe a certes pâti d’un environnement sectoriel difficile, il a démontré une résistance qui est le fruit de la transformation imprimée par son patron dans les sept dernières années. L’an passé, Michelin a ainsi dégagé des revenus en croissance de 4,1 % à taux de change constants et surtout les volumes - élément scruté par les analystes - sont revenus dans le vert à partir du deuxième trimestre, pour une hausse de 0,9 % au total sur l’année.

Ensuite, Michelin a poursuivi une discipline implacable sur les coûts qui lui a permis d’optimiser sa rentabilité. "Dans un environnement économique difficile, le groupe a démontré sa capacité à améliorer son résultat opérationnel et à confirmer les progrès de free cash-flow structurel obtenus depuis plusieurs années", se réjouit Jean-Dominique Senard. Le résultat opérationnel des secteurs, c’est-à-dire hors amortissement des marques et listes clients des entreprises acquises, est ainsi en hausse de 11 % sur l’année à 2,77 milliards d’euros, ce qui montre la capacité de la société à éviter le fameux effet ciseau. Le groupe a ainsi réussi à améliorer son mix en se renforçant notamment sur le segment des pneus de spécialité, où il dégage sa plus forte marge (19,6 %), et qui représente désormais un tiers de son résultat opérationnel.

Tout cela ne l’a pas empêché de mener d’ambitieuses opérations de croissance externe l’an passé, dont celle de Tructyre et surtout du québecois Camso, pour 1,7 milliard de dollars afin de renforcer sa diversification et de devenir le numéro un des pneux "hors route" (tracteurs, chariots élévateurs etc). Ces opérations ont fait grimper la dette nette à 3,7 milliards d’euros, soit un ratio d’endettement encore correct de 31 %. A cet égard, Florent Menégaux, qui prendra la gérance du groupe à l’issue de la prochaine assemblée en mai prochain, a affirmé que l’intégration de ces cibles serait le prochain chantier du groupe, même s’il n’a pas écarté d’autres acquisitions, certes moins importantes qu’en 2018. Et pour 2019, Michelin reste confiant, même dans un marché qu’il qualifie de "contrasté" et prévoit une hausse de son résultat opérationnel des secteurs, hors effets de change, et un cash-flow libre structurel supérieur à 1,45 milliard d’euros.

Au final, Jean-Dominiqe Senard n’a pas caché son émotion pour cette dernière publication, après sept ans de bons et loyaux services. "J’ai de la réserve", a-t-il promis pour assurer les trois derniers mois de son mandat ainsi que la présidence de Renault. Celui qui a mené la modernisation du dialogue social, l’internationalisation, et la refonte des activités et zones, est salué pour son côté humaniste et sa capacité d’écoute, tout en ayant assuré une gestion ferme de la société. Autant de qualités qui lui seront précieuses pour le défi qui l’attend chez Renault.

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