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Evenements / Renault / Carlos Ghosn / Jean-Dominique Senard / Nissan

Evenements
Renault / Carlos Ghosn / Jean-Dominique Senard / Nissan

L' après-Ghosn a commencé !

Ce matin la justice japonaise a de nouveau mis en examen Carlos Ghosn et l’a maintenu en détention. Chez Renault on redoute qu’il reste « empêché » jusqu’à son procès qui aurait lieu en juin. Ce qui oblige le groupe à se chercher un nouveau président.
Carlos Ghosn
Carlos Ghosn

Carlos Ghosn a donc été avisé ce matin, du fond de sa cellule, que la justice japonaise avait décidé de le mettre en examen pour minoration de ses revenus et abus de confiance sur la période allant de 2015 à 2018. Le 10 décembre dernier elle l’avait déjà mis en examen pour les mêmes griefs et sur les années antérieures. En même temps le procureur a décidé d’une nouvelle période de garde à vue de 22 jours. Ce qui laisse supposer que la justice japonaise souhaite enquêter sur de nouveaux éléments dont nous n’avons pas encore connaissance. L’avocat de Carlos Ghosn va déposer une demande de remise en liberté contre paiement d’une caution. Mais dans le système pénal japonais, ces requêtes sont rarement acceptées.

Chez Renault on redoute aujourd’hui le pire. C’est-à-dire que de gardes à vue en détentions provisoires, Carlos Ghosn reste emprisonné au moins six mois, jusqu’à son procès qui pourrait se tenir en juin prochain. Cette situation, qui n’étonne pas les Japonais, est effrayante pour nous qui sommes habitués à une justice plus équitable et à des instructions à charge et à décharge.

Le Conseil d’administration de Renault qui s’est tenu hier de manière informelle, afin de prendre connaissance du rapport d’audit demandé à l’ancien patron de la police nationale, Claude Baland, n’a révélé aucun problème en ce qui concerne les rémunérations versées aux dirigeants du groupe au cours des années 2017 et 2018. Certains imaginaient qu’un système de rémunération occulte ait pu être installé à partir de l’Alliance Renault Nissan, dont le siège est à Amsterdam. Mais il n’en est rien.

Malgré tout, les administrateurs ont passé en revue les hypothèses s’agissant des semaines à venir. Et tous seraient désormais convaincus que Renault se trouve aujourd’hui face à un "empêchement" long de Carlos Ghosn. Dans ces conditions le système de gouvernance provisoire mis en place en novembre dernier, juste après l’annonce de l’arrestation du patron de Renault, pourrait être revu. Il est de plus en plus question de faire venir à la tête du conseil d’administration Jean-Dominique Senard, actuel patron de Michelin, mais dont le mandat se termine à l’issue de la prochaine assemblée générale du géant des pneumatiques. On évoque également le nom de Patrick Pélata, ancien numéro deux du groupe qui avait été obligé de démissionner en 2012, après l’affaire de pseudo-espionnage chinois chez Renault, et qui auparavant avait été directeur général adjoint de Nissan.

Que la justice japonaise se trompe ou qu’elle ait raison, qu’il s’agisse d’un complot ou bien de faits réels, que Carlos Ghosn soit coupable ou innocent, il n’est plus audible à l’intérieur même de son groupe, comme à l’extérieur. C’est la raison pour laquelle l’État, qui est le premier actionnaire, aurait décidé de le démettre de ses fonctions de président de Renault et de lui trouver un successeur "blanc comme neige", de manière à sauvegarder les bienfaits de l’alliance Renault Nissan.

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